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Mesures d’urgence

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Edito 106 LG option 2

Edito du 30 mars 2018

Pour l’opinion publique, les services d’urgences représentent à la fois ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de moins bon au sein de notre système de santé. Le meilleur, c’est la prise en charge complète qui y est dispensée, la lumière allumée dans les moments les plus critiques de nos existences, et l’expertise médicale qui s’y déploie. Nous avons tous connu, au moins une fois dans notre vie, pour nous-même ou un proche, cette atmosphère intense et fébrile qui est celle des lieux où la vie est en jeu, où le pronostic vital peut être engagé, nécessitant une intervention immédiate.

Mais les urgences cristallisent aussi les nombreux problèmes auquel l’organisation de notre santé est confrontée : une offre de premier recours insuffisante par endroits, des difficultés financières d’accès aux soins pour de nombreux Français, des patients mal informés et aiguillés… Il n’en faut pas plus pour qu’un épisode de suractivité provoque saturation et dysfonctionnements.

Il n’y a pas de fatalité à cet état de fait. Des solutions existent, et l’une d’entre elles est de solliciter l’ensemble des acteurs de santé, publics comme privés. Aujourd’hui, cette répartition équilibrée n’est pas à l’œuvre.

Le Samu lui-même oriente quasi automatiquement les patients vers l’hôpital public, que ce soit pour les services d’urgences ou pour les admissions en soins intensifs, en prise en charge spécialisée ou en réanimation, sans prendre en considération les situations de tension.

Or l’hospitalisation privée dispose de 124 services d’urgences répartis sur toute la France, qui accueillent 2.6 millions de patients chaque année, sans aucun dépassement d’honoraires, cela va de soi. Un adressage mieux réparti des patients en amont par les services chargés de la régulation médicale, et une coordination plus fluide des acteurs en aval avec la médecine de ville, améliorerait, à n’en pas douter, l’existant. D’autant que les hôpitaux et cliniques privés s’efforcent d’améliorer toujours davantage l’organisation de leurs urgences, par une meilleure gestion des flux de patients qui réduit les délais d’attente.

Il faut aussi structurer différemment notre offre de soins, en développant des lieux de soins de premier recours pour désengorger les urgences, mailler le territoire, rassurer les citoyens face au ressenti de désert médical. Dotés de plateaux techniques suffisamment robustes pour répondre aux besoins des patients, adossés le cas échéant à un établissement de santé, ces lieux - qui répondent aussi à l’aspiration des professionnels à un exercice regroupé - n’ont qu’un défaut : il leur manque aujourd’hui un modèle économique pertinent, simple et pérenne pour s’inscrire pleinement dans notre paysage de santé.

Je l’ai dit à Thomas Mesnier, le député chargé d’une mission sur le sujet par la ministre de la santé : les initiatives des établissements de santé privés en la matière sont nombreuses. Encore faut-il qu’elles soient consolidées par un cadre sécurisant.