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La santé, au service de la cohésion sociale

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Edito 106 LG option 2
L'édito hebdomadaire de Lamine Gharbi président de la FHP
Edito du 9 mai

Redonner de l’élan aux quartiers prioritaires, telle est l’ambition affichée par le rapport que Jean-Louis Borloo vient de remettre au gouvernement, « Vivre ensemble », assorti d’un sous-titre évocateur : « Pour une réconciliation nationale »…

De très nombreux hôpitaux et cliniques privés sont implantés dans des zones péri-urbaines ou rurales, où le sentiment de relégation est fort. Les professionnels qui y travaillent savent bien qu’au-delà de leurs missions de soins, ils contribuent également à la cohésion sociale : la santé est notre bien commun.

Le chapitre du rapport Borloo qui lui est dédiée rappelle le préambule de 1946 de la Constitution : « La Nation garantit à tous la protection de la santé ». Pourtant, ce principe est battu en brèche par les inquiétudes croissantes des Français autour de l’accès aux soins, notamment géographique.

Nous l’affirmons lors des auditions parlementaires ainsi que dans notre contribution à la Stratégie de Transformation du Système de Santé (STSS) : l’une des voies les plus prometteuses pour remédier au ressenti de désert médical est le développement, partout sur les territoires, de centres de soins de premier recours et de consultations non programmées.

De telles structures répondent tant aux attentes des soignants, attirés par l’exercice regroupé, qu’aux besoins des patients qui trouvent sur place biologie médicale et imagerie, tout comme aux urgences. Nos établissements s’engagent d’ores et déjà dans cette voie : encore faudra-t-il qu’un modèle économique consolidé vienne pérenniser de telles initiatives.

Le rapport Borloo ne dit pas autre chose : il prône la création de 200 centres ou maisons de santé, vus comme de véritables « outils de service public », au sein des quartiers prioritaires. Il ne manque pas d’ajouter : « quel que soit leur statut », car l’accès aux soins requiert évidemment la mobilisation de chacun, public comme privé !

Il appelle aussi à juste titre au développement de la télémédecine. Mais pourquoi le dispositif conventionnel actuellement négocié la restreint-il aux zones sous-dotées ? A cette approche étriquée, il faut substituer une ambition beaucoup plus grande : celle d’un élan national en faveur de l’innovation, qui profitera à tous.

Si nous souscrivons à l’esprit de ce rapport, notre conviction est donc qu’en réalité, c’est l’ensemble de notre pays qui est concerné par ses préconisations, avec l’accès aux soins pour tous comme composante de notre pacte social.

Lamine Gharbi