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Prise de conscience

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Edito 106 LG option 2
L'édito hebdomadaire de Lamine Gharbi président de la FHP
Edito du 25 juillet 2018

Tous les députés et les sénateurs que nous rencontrons nous le disent : lorsqu’ils sont dans leurs circonscriptions, les citoyens les interpellent beaucoup sur la santé, principalement sous l’angle de l’accès aux soins. L’impérieuse nécessité de répondre à ces préoccupations motive beaucoup d’initiatives parlementaires, sollicitant le plus souvent la contribution des fédérations hospitalières.

La dernière initiative en date est la publication hier de l’imposant rapport de la Commission d’enquête de l'Assemblée nationale sur l’égal accès aux soins, qui avait donné lieu à une audition de la FHP. Il dresse un constat sévère des politiques publiques menées jusqu’alors, et pointe le décalage entre les attentes des acteurs sur le terrain et les approches trop technocratiques qui ont longtemps prévalu.

Surtout il prône, à travers la voix de son rapporteur Philippe Vigier, « un véritable changement de paradigme » pour réorganiser notre système de soins et passer d’un fonctionnement en silos à une réelle coopération entre les acteurs de santé.

Difficile de s’arrêter ici sur l’ensemble des propositions formulées, dont certaines, volontairement audacieuses, ne manqueront pas de faire débat. Mais nous ne pouvons que souscrire au regard porté sur l’organisation territoriale, et sur le risque du repli sur les GHT, empêchant la création des parcours de soins. Nous l’avions exprimé lors de notre audition : nous ne sommes pas des supplétifs !

La voie porteuse, telle que définie dans le rapport, est bien celle des Groupements de santé de territoire (GST), « regroupant l’ensemble des acteurs publics et privés du système de santé au sein d’une organisation commune, et en définissant une stratégie de santé à partir des territoires ».

La proposition évoque toutefois une « transformation » des GHT, alors que nous préconisons de maintenir ceux-ci dans le strict cadre de leur vocation première : optimiser les modes de fonctionnement de l’hôpital public, sans latitude de régulation de l’offre de soins. Les GST doivent constituer une nouvelle entité, fondée sur la co-construction de tous au service des patients.

Mais le simple fait que cette idée progresse en haut lieu témoigne déjà d’une prise de conscience plus que bienvenue : l’hospitalo-centrisme est révolu. Autre illustration, la proposition n°24 de développer massivement les stages des internes en dehors des CHU, et d’ouvrir ceux-ci aux structures hospitalières privées. Enfin, lors de l’examen du rapport en commission, Philippe Vigier a appelé à « mieux utiliser le privé sur les urgences ».

Votées à l’unanimité (hormis les propositions les plus clivantes émanant du rapporteur), ces propositions témoignent en tout cas de l’ampleur de l’investissement de la représentation nationale sur les enjeux de santé, et des attentes fortes à l’égard des annonces de l’exécutif à l’automne. Ils pourront en tout cas plus que jamais, dès la rentrée, compter sur les apports de notre Fédération.

Je vous donne rendez-vous pour notre Newsletter « Le 106 » le 29 août prochain et vous souhaite un très bel été.

Lamine Gharbi