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Une ambition, mais avec quels moyens ?

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Edito 106 LG option 2

Edito du 13 février 2019

Le projet de loi d’organisation et de transformation du système de santé a été présenté ce matin en Conseil des ministres. L’ambition affichée par le Gouvernement tient en trois mots : accès aux soins. Mais la dispersion de la stratégie entre loi, ordonnances encore imprécises, et décisions sur le financement renvoyées au PLFSS 2020, n’est pas de nature à ce stade à dégager une vision pleinement aboutie de la transformation désirée.

Dès lors, trois questions se posent à nous avec acuité.

Quelle place pour l’hospitalisation privée dans ce texte ? Toute volonté de transformation ira au-devant de lourdes déconvenues si elle latéralise certaines catégories d’acteurs. Dès le titre I pourtant, l’absence de parallélisme de la rédaction entre public et privé sur la réponse aux zones sous-dotées est patente. Et de grandes zones de flou subsistent sur les chantiers portés par ordonnances et capitaux pour l’avenir de notre profession : la définition des hôpitaux de proximité, les autorisations… Enfin, tant que perdurera notre éviction du service public hospitalier, les conditions de réussite de la coopération entre acteurs de tous statuts ne seront pas pleinement réunies.

Deuxième interrogation, comment permettre à ceux qui font le soin de relever le pari de la transformation contenu dans la loi ? Deux semaines environ avant l’arrivée du projet de loi à l’Assemblée Nationale, nous devrions connaitre les arbitrages tarifaires. Une hausse des tarifs, à hauteur de 1 %, est le socle de la confiance. Ne pas donner au monde hospitalier de vraies latitudes d’action serait un contresens absolu, et jetterait un doute profond sur la volonté réelle de changer les choses.

Enfin, troisième question : ce projet de loi va-t-il répondre aux inquiétudes des patients en matière d’accès aux soins ? Si l’esprit général, tourné vers la proximité et la qualité, semble en témoigner, la déclinaison concrète doit se fixer trois impératifs : rompre avec les schémas dépassés et dogmatiques, proscrire les enchevêtrements administratifs, et surtout, faire confiance à celles et ceux qui œuvrent au plus près des réalités de terrain.

Si la vision politique est claire, innovante, incarnée, les citoyens y adhéreront. Sinon, ce ne sera qu’un texte de plus. Or l’échec nous est-il permis par les temps que nous vivons, où les acteurs ont le devoir d’accomplir leurs missions, et le politique celui de leur en donner pleinement les moyens ?