En poursuivant sur ce site, vous acceptez l'utilisation des cookies.
Ces cookies nous sont nécessaires au bon fonctionnement des fonctionnalités du site.
Gérer mes cookies.

Eloge de la durée

share share
print

Edito 106 LG option 2

Edito du 6 mars 2019

La maîtrise du temps est un art subtil en politique… surtout à l’heure où la crise de la démocratie représentative met les élus sous pression, où la pratique du pouvoir privilégie les « procédures accélérées », où les réseaux sociaux rehiérarchisent les priorités et où divers processus électifs rebattent les cartes à intervalles réguliers.

Dans le domaine de la santé comme dans d’autres, la pensée d’une société future et les moyens d’y parvenir ne peuvent pourtant s’élaborer avec pertinence que dans la durée. Les enjeux sont tellement importants que toute décision sans portée stratégique et prospective serait vouée à une obsolescence rapide.

Prendre son temps est souvent le meilleur moyen d’en gagner, car aux côtés des sujets de fond, il y a tout l’écheveau des relations de confiance qui se tissent peu à peu entre le politique et les acteurs de la société civile… au fil du temps. La pérennité de nos interlocuteurs politiques au plus haut niveau, quand ils sont de qualité, permet de coconstruire, y compris au-delà des limites du mandat. Il faut du temps pour installer la confiance : elle est pourtant le socle de toute réussite, à un moment où la stratégie de santé prend son envol.

Cette stratégie de santé n’est pas une juxtaposition de mesures techniques, et elle ne doit surtout pas le devenir. Elle doit aussi, et peut-être surtout, porter auprès des citoyens le message social d’une santé plus juste, car guidée par l’égal accès de toutes et de tous à des soins de qualité. Elle doit répondre aux angoisses des régions sous-dotées, en emportant tous les acteurs, publics et privés, dans une dynamique de coopération autour du parcours du patient. Cette fibre sociale doit continuer à être incarnée avec force au plus haut niveau de l’Etat, a fortiori dans le contexte sociétal de ces derniers mois.

Enfin, à quelques semaines des européennes, rappelons aussi que la santé est l’un des sujets qui, s’il est bien abordé, peut contribuer à réconcilier les citoyens avec l’idéal européen. Le développement de la santé numérique par exemple, avec l’exigence d’interopérabilité des systèmes de santé entre eux au bénéfice de tous les patients, se porte au niveau européen. Le ministère de la santé, ce doit être aussi le ministère de l’Europe de la santé !

Enjeux capitaux pour notre avenir collectif, vocation européenne, fibre sociale : la ministre de la santé se situe aujourd’hui au carrefour de beaucoup d’attentes. L’hospitalisation privée est plus que jamais prête à prendre toute sa part dans ces enjeux, sur la base des relations de confiance déjà établies avec Agnès Buzyn… et que nous souhaitons pérennes !