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Un certain portrait de la France

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Edito 106 LG option 2

Edito du 13 mars 2019

Plusieurs travaux récents, émanant de cénacles différents, brossent toutefois un portrait de la France très convergent. Ce portrait riche d’enseignements mérite qu’on s’y attarde, car il a de nombreuses résonances avec les enjeux de santé.

Premier travail, l’analyse de la DREES, qui pointe le décalage entre les campagnes isolées et les grands centres urbains sur la perception d’efficacité de notre arsenal de protection sociale. Le sentiment d’être « protégé » est donc étroitement corrélé au lieu de vie… et dans de nombreux territoires, cette appréciation est négative.

Deuxième travail, celui de l’Institut Montaigne, intitulé de façon édifiante « La France en morceaux ». Son Baromètre révèle quatre grands types de trajectoires territoriales et sociales, qui coexistent dans notre pays. Parmi elles, un quart des Français se sentent assignés à leur territoire, et bloqués tant géographiquement que socialement : ils sont surreprésentés dans les communes rurales et les zones denses et défavorisées, avec un accès complexe aux services et des renoncements multiples… aux soins notamment.

Enfin, en début de semaine, le Défenseur des Droits a sorti son rapport annuel. Il y est fait état « d’appels à l’aide » d’usagers du système de santé, qui se sentent en mal d’offre de soins médicaux là où ils vivent. Jacques Toubon dresse ainsi le tableau d’une France fragilisée dans son service au public, et en butte à des inégalités territoriales flagrantes.

C’est sur cette toile de fond, cohérente avec les événements sociaux de ces derniers mois, que se déroulent actuellement les débats à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi de santé. Ils doivent apporter des réponses concrètes à cet enjeu crucial de la présence soignante sur tous les territoires de notre espace national. Ils doivent donner aux acteurs de santé les moyens de déployer un maillage cohérent et conforme aux besoins de la population. Enfin, ils doivent embarquer chacune et chacun, public et privé, dans les missions de service au public, pour redonner aux citoyens la confiance dans une offre de santé à la fois proche et pleinement qualitative.

C’est compliqué, c’est ambitieux, mais c’est indispensable. Les multiples signaux d’alerte - dont les travaux de la Drees, de l’Institut Montaigne et du Défenseur des Droits constituent une manifestation supplémentaire - ont, je le crois, été entendus par les pouvoirs publics… dans le domaine de la santé en tout cas. Ils doivent maintenant se traduire en actes, pour rassurer les citoyens, conforter les professionnels et les établissements dans leur rôle, et brosser demain le portrait d’une France réconciliée.

Lamine Gharbi