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Bouger les lignes

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Edito 106 LG option 2

Edito du 2 mai 2019

Placer l’Etat dans un rôle d’impulsion et de mise à disposition de ressources pour la société civile : telle est la vision de la stratégie numérique en santé présentée la semaine dernière par Agnès Buzyn et Dominique Pon. Ensuite, les acteurs ont la liberté de développer biens et services à l’aide de ces ressources.

Si une telle configuration est particulièrement propice à l’innovation numérique, elle porte aussi la marque d’une progression des mentalités et d’un désir de rééquilibrage des rôles dans la décision publique : un Etat prospectif et facilitateur, des citoyens moteurs et créateurs de solutions. Alors qu’il y a peu, l’innovation était encore mise en coupe réglée, cette impulsion portée par la stratégie numérique est bienvenue. Souhaitons qu’elle fasse des émules dans de nombreux autres domaines.

Dans le même esprit, la crise sociale des derniers mois a eu le mérite de faire bouger les lignes en mettant en exergue le sentiment d’abandon des territoires et les failles dans le service au public. En ce sens, les annonces du Président de la République sur l’arrêt des fermetures d’hôpitaux et d’écoles procèdent d’une salutaire prise de conscience : d’une part des sujets prioritaires pour les citoyens, à savoir l’éducation et la santé ; et d’autre part de la nécessité d’en finir avec un Etat couperet dont les décisions arbitraires n’ont fait qu’accroitre le divorce avec les populations.

Les élus locaux sont en effet mis devant leurs responsabilités, face à des enjeux qui engagent aussi, ne l’oublions pas, la qualité et la sécurité des soins. A eux de mettre à distance conservatisme et clientélisme et de faire preuve d’audace pour inventer la santé de proximité de demain. Et aux acteurs que nous sommes d’être là aussi offreurs de solutions… sous réserve, bien sûr, que soit reconnu l’apport des établissements de tous statuts.

Evolution du rôle de l’Etat, prise en compte des acteurs de terrain sur les territoires… et participation du patient. Le rapport de l’Institut Montaigne sur les indicateurs de qualité, sorti mardi et auquel l’hospitalisation privée a apporté sa contribution, illustre là encore cette aspiration des citoyens à être contributeurs de l’évolution du système : 96 % d’entre eux s’y disent prêts à répondre à des enquêtes d’évaluation de leur prise en charge et du résultat de celle-ci, si cela peut permettre d’améliorer la qualité des soins.

A rebours de la morosité ambiante et des collapsologues, des signaux, de moins en moins faibles, nous disent donc que la maturité collective progresse et que la donne en santé est en train de changer. Une chose est certaine : les hôpitaux et cliniques privés y contribuent jour après jour.