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Trajectoires et territoires : l’enjeu de l’attractivité

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Edito du 16 mai 2019

Au-delà de l’habilité politique, la ministre de la santé fait preuve de lucidité en réfutant les mesures coercitives à l’installation des médecins. Elle sait bien, et de nombreuses expériences étrangères l’illustrent, que la coercition est le plus souvent contre-productive et que ses biais sont multiples.

Pour autant, l’inquiétude sur l’effectivité de l’accès aux soins est plus vive que jamais, et il est urgent d’y répondre. Les études d’opinion se font en effet l’écho d’une adhésion croissante des citoyens à la contrainte... surtout si cela concerne les autres !

Cessons sur un tel sujet d’avoir des réflexes obsolètes. Nous sommes en 2019 : la caporalisation et la mise en coupe réglée ont vécu, à tous les niveaux, pour les établissements comme pour les professionnels… et plus largement pour tous les citoyens.

Le seul défi qui vaille est de favoriser un environnement attractif qui permette à chacun d’accomplir ses missions dans les conditions les plus propices à une relation de soin de qualité avec le patient. Pour les médecins, le temps médical libéré, les moyens effectifs mis à disposition pour exercer pleinement son métier, l’accès facilité à l’innovation, le lien avec les autres acteurs de santé… constituent autant de facteurs qui tissent entre les professionnels et le territoire des liens d’attachement pérennes. 

Le terme « s’im-planter », qui renvoie à la notion d’enracinement, est d’ailleurs parlant, et les hôpitaux et cliniques privés le savent bien. Notre force réside dans le pacte de confiance que nous nouons avec les habitants de nos territoires d’implantation, qui considèrent à juste titre la santé et ses acteurs comme une ressource vitale.

Un essai stimulant publié récemment, « Travailler là où nous voulons vivre, vers une géographie du progrès »* propose de refaçonner et revivifier les territoires à l’aune des paramètres fondamentaux de nos vies, tels que l’éducation et la santé. La gouvernance de notre pays doit se défaire de la verticalité et du fait du prince, pour redonner de l’autonomie et responsabiliser les individus en fondant l’organisation sociale sur les choix de vie et de travail. Pour l’auteur, les nouvelles technologies, notamment dans le domaine de la santé, trouvent là une application pleine de sens : se mettre au service d’un projet de vie et « fertiliser » les territoires au lieu de les paupériser.

Le déni de réalité n’est jamais de bonne politique et il est toujours hasardeux de tenter de faire le bonheur des gens malgré eux. En clair : écoutons les aspirations des citoyens, des professionnels, et provoquons les organisations vertueuses qui permettent à chacun de trouver de manière équilibrée la place qui lui revient, au sein de trajectoires et de territoires pleinement attractifs.