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Besoin d’équilibre

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Edito 106 LG option 2

Edito du 22 mai 2019

Alors que la loi de santé arrive au Sénat, les conclusions d’une mission sénatoriale sur l’organisation territoriale de la santé, dévoilées il y a quelques jours, constituent un intéressant préambule aux débats.

Les termes choisis par les sénateurs Catherine Deroche, Véronique Guillotin et Yves Daudigny pour brosser la réalité des Groupements Hospitaliers de Territoire aujourd’hui sont explicites : « déconnectés », « portes fermées », « captation », « siphonnage », ou encore « laissés en marge » pour qualifier les relations avec les autres acteurs de santé.

Nul besoin d’être un grand exégète de la langue française pour deviner que les auteurs du rapport sont quelque peu circonspects sur la volonté des GHT de construire de vraies coopérations… même s’ils reconnaissent à juste titre que de véritables efforts sont faits par les professionnels sur certains territoires.

Au-delà de leur différence d’appartenances politiques (LR, RDSE, PS), les trois sénateurs appellent donc à une précision de la vocation même des GHT. Si leur utilité en tant qu’outil de restructuration, de mutualisation et de création de synergies pour l’hôpital public est reconnu, le glissement vers l’organisation des soins sur le territoire est « plus discutable » : manière euphémistique d’illustrer le décalage entre les besoins de collaboration des acteurs et le tropisme centralisateur de la structure des GHT.

Soucieux de « bien nommer les choses », les sénateurs préconisent donc une nouvelle dénomination du GHT, rebaptisé « Groupement Hospitalier Public (GHP) ». Ils y voient une clarification bienvenue des rôles de chacun, sans laquelle il ne peut y avoir de partenariats équilibrés. Ils appellent également à rompre avec des schémas administratifs trop centralisés pour « mieux accompagner les dynamiques locales ».

Donner plus de latitude d’action sur le terrain aux acteurs de tous statuts est évidemment une nécessité, qui avait fait du reste consensus lors de l’audition de l’ensemble des fédérations hospitalières, publique comme privées, à l’occasion de cette mission sénatoriale.

Pour la troisième année consécutive, la Fédération de l’Hospitalisation Privée est présente au sein de l’espace institutionnel de la « Paris Healthcare Week », le salon santé organisé par la FHF. Aujourd’hui, les fédérations publique et privées travaillent ensemble et portent des messages communs. Face aux défis de santé, il n’y a que l’unité et la complémentarité qui vaillent.

Alors que débutent cette semaine les travaux de la Commission des affaires sociales du Sénat sur la future loi de santé, une voie davantage constructive et équilibrée pour structurer l’organisation territoriale de l’offre de soins mérite donc d’être clairement entendue.