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MODELE edito 106 hebdo

A quelques jours de l’été, l’extrême tension dans les urgences publiques cristallise tous les maux de notre système de santé. Les problème sont anciens, la réponse est complexe et multifactorielle, mais en aucun cas la situation présente ne doit conduire à marquer le pas dans les réformes en cours. Le courage et la persévérance dans l’action politique sont nécessaires dans de tels moments de crise, où la souffrance des personnels et le désarroi des patients se rejoignent.

Un tel contexte est aussi une invitation à la responsabilité. On évoque fréquemment la nécessaire « responsabilisation » des patients en matière de recours aux urgences : sans doute, mais c’est oublier un peu vite qu’ils doivent bien souvent composer avec une offre qui ne répond pas à leurs besoins ! Le véritable enjeu est la mobilisation de tous les acteurs de santé, notamment grâce au renforcement d’une saine complémentarité entre le secteur public et le secteur privé.

C’est précisément ce que vient d’exprimer le Premier ministre Edouard Philippe à l’instant dans son discours de politique générale, en appelant « au sens des responsabilités de tous les professionnels, publics et privés, pour se rassembler et se coordonner ».

Depuis quelques jours, je m’efforce de faire passer ce message dans les médias : les 126 services d’urgences privés, qui accueillent chaque année trois millions de patients, c’est à dire 50 patients par jour en moyenne, pourraient doubler leurs capacités et soulager un hôpital public en saturation. Cela relève de nos missions de service public, et nous sommes prêts à nous y investir encore davantage. Il convient aussi de débloquer de nouvelles autorisations d’urgences pour le privé...et ceci dès maintenant.

Je rappelle aussi systématiquement que les services d’urgences privés ne pratiquent évidemment – c’est la loi ! – aucun dépassement d’honoraires, que le tiers payant y est intégral et qu’aucune avance de frais n’est demandée. Si l’on considère que 67% des citoyens sont convaincus du contraire (Observatoire sociétal FHP/Viavoice de décembre 2018), ce petit rappel est salutaire…

Appel à l’implication de tous, appel à la créativité et à l’innovation également : pourvu qu’ils soient équipés des moyens d’imagerie et de biologie médicale indispensables, les centres de santé de proximité permettraient d’apporter les réponses adéquates aux besoins, diagnostiques et thérapeutiques, des patients en dehors des urgences.

Plus que jamais sur de tels sujets, la mission doit l’emporter sur le statut : l’hospitalisation privée prend donc ses responsabilités et fait des propositions concrètes. C’est, j’en suis convaincu, ce que l’opinion publique attend de nous, et pas de vaines polémiques sur les mérites comparatifs de tel ou tel.

Une étude récente du CEDAP* sur les Français et les associations professionnelles est riche d’enseignements : les « corps intermédiaires » sont attendus non sur des postures, mais sur des actions concrètes et des incitations à l’innovation. Ils sont en outre confortés dans leur légitimité à être force de propositions auprès des pouvoirs publics, pour « les aider à prendre les bonne décisions ».

Sur ce thème des urgences comme sur les autres, nous entendons le message !