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MODELE edito 106 hebdo

Dans l’un de ses nombreux ouvrages, intitulé Fraternités, Jacques Attali pose le fait de « faire confiance » à autrui comme étant l’un des ferments de la société de demain.

Faire confiance doit devenir selon lui « un nouveau droit de l’Homme », et ce n’est pas juste une affaire de bons sentiments : c’est une nécessité dans nos sociétés largement gouvernées par la coercition et la défiance a priori, afin de retrouver un élan collectif qui soit le fruit de la somme des énergies individuelles.
Nos modes de fonctionnement ont en effet trop souvent pour conséquence d’enfermer les institutions comme les individus dans une posture de « résignés-réclamants ». Or nous parviendrons à relever les défis qui nous attendent par la responsabilisation, la considération et la valorisation de tous les acteurs.

La santé illustre parfaitement cette nécessité. « Le contrat plutôt que la contrainte » doit devenir le nouvel adage d’une gouvernance rénovée du système. Libérer les ressources inouïes de créativité et d’innovation qui fleurissent sur le terrain fragilisent certes les réflexes jacobins, percutent les cadres technocratiques. On l’a constaté sur la reprise en main des initiatives article 51… Mais la concertation, la co-construction, la confiance constituent la seule voie d’avenir, et la ministre de la santé en est pleinement consciente.

Autre illustration des évolutions à l’œuvre, une étude très intéressante émanant d’un cabinet de conseil vient de sortir sur la culture qualité : elle met en exergue le concept de « l’erreur apprenante », appliquée notamment au champ de la santé.

Les auteurs posent en préambule le principe que nous acquérons la grande majorité de nos connaissances et de nos savoir-faire de manière empirique, et que nous gagnons en compétence grâce à ce que nous apprenons d’autrui dans une relation fondée sur le « faire-confiance ». Dans ce contexte, l’erreur est présentée comme un levier d’apprentissage collectif, d’où émergent la créativité et les solutions, « nulle pierre ne pouvant être polie sans friction » dixit Confucius !

A travers tout cela, nous entrevoyons bien les changements considérables de paradigme qui se dessinent, pour parvenir à passer d’une société de contrôle à une société de confiance et insuffler cette nécessité dans tous les projets à venir en santé.