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Pérenniser la confiance

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Edito 106 LG option 2
Edito de Lamine Gharbi, président de la FHP, du 31 juillet 2019
Nous avons connu depuis l’été dernier une année bien singulière, marquée par une crise sociale sans précédent. Largement ancrée dans la ruralité, elle a remis en lumière le sentiment de relégation de nombreux territoires où le « service au public » a déserté. Dans ce contexte particulier, nous avions porté ensemble, acteurs publics et privés, un message d’intérêt général : donnons aux établissements de santé les moyens pour remplir leurs missions de soins. C’était début novembre 2018, et nous avions pressenti l’urgence d’une telle démarche, au regard de l’importance que revêt la santé pour les citoyens. Quelques semaines après, celle-ci s’invitait largement dans le Débat National…

La réponse de la ministre de la santé, à savoir une augmentation, après des années de baisse successives, des tarifs hospitaliers en 2019, a été à la hauteur des enjeux. Nous avons bâti au fil des mois des relations franches et constructives avec la puissance publique, qui ont favorisé sur de nombreux dossiers - de la création de l’OPCO Santé à la décision d’exclure la santé du dispositif de bonus-malus sur les contrats courts - des arbitrages pertinents. Nous avons largement participé aux débats autour de la loi de santé adoptée tout récemment, qui ouvre à notre profession des opportunités que nous saurons saisir. Au-delà, toutes les actions de l’hospitalisation privée ont été mues par la volonté de prendre pleinement part à la transformation du système de santé.

Comment à présent aborder une rentrée qui promet, avec des sujets aussi sensibles que les retraites ou la bioéthique, d’être mouvementée sur le plan politique ? D’abord, avec de la lucidité : la crise vécue par le pays n’est pas sporadique, mais profondément enracinée, et des événements échappant à toute anticipation peuvent toujours surgir. Cela impose particulièrement de préserver, plus que jamais, une des rares institutions dont le capital de confiance reste intact : les établissements et les professionnels de santé.

Ensuite, nous avons collectivement le devoir de préserver les liens de confiance que nous avons bâtis ces derniers mois, entre acteurs de santé d’abord, et avec la puissance publique ensuite. Des chantiers majeurs, tels que celui des autorisations, sont actuellement ouverts : ils requièrent de maintenir voire d’amplifier un haut niveau de transparence et de concertation avec les acteurs. Et bien sûr, il est indispensable que les gages de considération qui nous ont été donnés, notamment sur les tarifs, soient inscrits dans la durée, pour engager un processus vertueux d’investissements au bénéfice des patients.

Enfin, une conviction et un souhait pour cette rentrée : la volonté de travailler et de construire ensemble, avec les autres fédérations hospitalières, avec les politiques, avec l’administration, avec toutes les parties prenantes, est maintenant reconnue et ancrée. Elle est arrivée à un degré de maturité suffisant pour nous permettre de porter de nouvelles idées pour la santé de demain, sur des sujets ambitieux. Comment permettre aux établissements d’avoir davantage de visibilité pour répondre aux défis de l’innovation ? Comment adapter la gouvernance de la santé aux évolutions du système ? Dès septembre, réactivons la vie des idées, avec un haut niveau de portage politique et stratégique !

Très bel été à tous !

Lamine Gharbi