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MODELE edito 106 hebdo

Les pièces de la réforme des retraites se mettent en place, avec notamment l’arrivée de Jean-Paul Delevoye au gouvernement, et un projet de loi envisagé pour la fin de l’année. Un exercice délicat pour l’exécutif, dans un contexte où les tensions sociales demeurent vives...

Il est toutefois surprenant de constater que les discussions évacuent une dimension pourtant importante de cette problématique des retraites : celle de la santé ! En effet, notre espérance de vie, et particulièrement notre espérance de vie en bonne santé, où nous pouvons continuer à jouir de nos capacités physiques et mentales, est évidemment un élément de problématique à prendre en considération.

Il est d’abord légitime que les citoyens aspirent à profiter de cette nouvelle étape de leur vie dans des conditions de santé satisfaisantes. Mais une telle vision est trop réductrice, car la retraite ne doit plus constituer un couperet. L’aménagement de formes intermédiaires d’organisation de son temps de vie, de conciliation entre activité professionnelle et vie personnelle, est un axe important dans une société encore beaucoup trop excluante pour les seniors. La reconnaissance de leur expérience, de leurs apports pour le collectif, est essentielle, et passe aussi par un investissement autour du maintien en bonne santé. 

La FHP a été auditionnée avant l’été par la députée Audrey Dufeu-Schubert, missionnée par le Premier ministre sur la place et l’image des seniors dans notre société : nous avons évidemment mis l’accent sur ce formidable défi de la santé pour les aînés, qui engage collectivement les acteurs que nous sommes. Nous avons évoqué notre mobilisation autour de la qualité et de la pertinence des parcours de soins, autour des questions de prévention, et bien sûr de la bientraitance. Sur ce dernier point, les premières annonces faites sur les urgences par Agnès Buzyn, notamment sur des filières « mieux traitantes » impliquant des admissions directes, vont dans le bon sens.
Il n’y a donc guère d’enjeux sociétaux plus cruciaux et prospectifs, que celui de la santé de nos aînés à l’aune de l’augmentation de l’espérance de vie ! Ce n’est pas pour la beauté du geste que les fédérations hospitalières portent aujourd’hui une forte demande de visibilité sur leurs ressources. Pour innover, pour investir, pour être à la hauteur des mutations épidémiologiques, technologiques, organisationnelles de demain, nous devons avoir les moyens de voir loin.

Alors oui, quand on parle de retraites, il est naturel de parler de taux, de seuils, de régimes… Mais sachons aussi donner de la hauteur et se garder de positions étriquées et conservatrices. Les formidables innovations médicales et techniques vont complètement bouleverser demain notre rapport à l’âge, dans des proportions dont nous ne prenons sûrement pas encore toute la mesure. Inscrivons donc cette dimension au débat !