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MODELE edito 106 hebdo

Le rapport Mesnier-Carli ne doit être remis qu’en novembre, mais devant la tension sociale persistante aux urgences cet été, et la sensibilité de l’opinion publique à ces enjeux, la ministre de la santé a tenu à faire dès cette rentrée des annonces marquantes.

Agnès Buzyn l’a dit avant-hier : « Chacun détient sa part de solution ». C’est ce que nous ne cessons de dire depuis des mois : nos services d’urgences privés, présents partout en France, sont l’une des clés de résolution du problème.

Pas la seule clé, naturellement, mais asseoir une bonne fois pour toutes la légitimité de la complémentarité entre les établissements publics et privés sur ce sujet des urgences constituerait un immense progrès. Ceci à tous les niveaux, dès la régulation, dans l’octroi des autorisations, et bien sûr à égalité de reconnaissance des missions et des compétences.

Ce Pacte de refondation des urgences a le mérite d’intégrer l’ensemble des acteurs, hospitaliers et de ville, et de promouvoir une démarche de concertation bienvenue, assortie de moyens financiers significatifs qui doivent être distincts de l’Ondam. Nous exercerons notre vigilance sur certains points : une réforme du financement déconnectée de l’activité, alors même que le nouveau modèle économique vient d’être bâti dans le consensus de tous les acteurs, et une logique trop « GHT-centrée ». Mais nous souscrivons à la philosophie générale pour une bonne raison : c’est une réforme structurelle, qui engage l’avenir, et c’est sans doute le plus important.

Bien sûr, il est toujours plus exigeant et compliqué de porter une réforme structurelle, plutôt que des réponses de court terme destinées à calmer tout le monde et à acheter une paix illusoire pour quelques temps ! Mais cela relève d’une part de la responsabilité du politique, et d’autre part cela engage davantage les acteurs.

Je l’ai dit à la ministre : l’hospitalisation privée participera étroitement à la démarche de concertation avec l’ensemble des parties prenantes sur la déclinaison opérationnelle de ce Pacte de refondation. Elle continuera à plaider pour un recours renforcé aux services d’urgences privés. Enfin, elle sera force de propositions sur les alternatives au « tout-urgences », car une approche structurelle nécessite une vision en surplomb de l’ensemble des enjeux.

Enfin, il est un enjeu que le Pacte proposé par Agnès Buzyn ne doit pas éluder : celui du renforcement de l’attractivité des métiers dans les établissements de santé. La crise des urgences expose aux citoyens, légitimement très attachés à leurs professionnels de santé, l’image de soignants en souffrance. Si l’on veut continuer à susciter des vocations, à donner aux jeunes l’envie de s’engager dans des métiers certes difficiles mais magnifiques, il y a urgence à transformer le système et à en valoriser les acteurs.