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Editos de Lamine Gharbi

Des priorités, à l’aune des besoins des patients


edito 27 octobre 2021
« L’organisation comme le pilotage du système de santé semblent aujourd’hui en décalage avec les besoins des patients » : c’est par ce constat sans appel que débute la récente production de l’Institut Montaigne intitulée : « Parcours du patient, parcours du combattant ».

Le premier mérite de ce travail est de se placer du point de vue du citoyen-patient, et de ses perceptions : quand plus d’un tiers des Français ont le sentiment de vivre dans un désert médical, traduisant ainsi une perception très dégradée de l’accès aux soins, on peut objecter que la réalité de terrain est plus nuancée. Mais il s’agit d’un puissant révélateur, qui traduit les inquiétudes face à « une organisation et une coordination des soins défaillantes », corrélées à un manque d’information. Et qui suppose, voire impose, de ne plus penser qu’en fonction de l’offre, mais en fonction de besoins en perpétuelle évolution.

L’Institut Montaigne esquisse plusieurs propositions en faveur d’une meilleure organisation et expérience pour les patients, et la première d’entre elles réside dans l’investissement massif dans le capital humain, avec un objectif : « accueillir davantage de professionnels vers les métiers du soin et augmenter le personnel de santé pour accompagner la hausse des besoins ». Enseignement de l’e-santé, passerelles entre les métiers et évolutions de carrière attractives, formations autour du management et du travail en équipe, valorisation de l’expérience patient… : les voies d’amélioration sont nombreuses, et il y a urgence au regard des pénuries de professionnels et du déficit d’attractivité des métiers du soin.

Dans une interview ce matin, le ministre de la Santé mentionne le fait que chez les étudiants infirmiers en formation, plus d’un millier ont démissionné avant la fin de leurs études. Il convient de décrypter, au-delà des questions salariales, les ressorts de ce phénomène. Également, dans un pays où seulement 15% des infirmiers et 10% des aides-soignants sont des hommes, il faut dire dès aujourd’hui aux jeunes garçons que ces métiers sont aussi faits pour eux, et travailler sur les représentations : on ne bâtira pas la société du soin de demain en se privant de la moitié de l’humanité.

Montaigne explore deux autres pistes majeures, qui sont au cœur des convictions de l’hospitalisation privée. La première, « toute réforme de l’organisation des soins doit être pilotée à travers le prisme de la qualité et de la pertinence des soins ». Ces démarches doivent être construites avec les parties prenantes, professionnels et patients. La seconde, liée à la précédente, consiste à « garantir la sécurité, l’accès et la portabilité des données de santé », pour créer un écosystème fondé sur la confiance. Cet enjeu des données est capital pour l’avenir du système de santé. Il ne pourra se déployer en l’absence d’un cadre éthique et lisible par tous, professionnels comme patients, de son déploiement, de sa gouvernance et de son usage.

Données de santé, qualité et pertinence, attractivité des métiers : trois sujets fondamentaux, priorisés à l’aune des besoins des patients, et sans lesquels il ne saurait y avoir de « programme santé » crédible et ambitieux pour la campagne présidentielle à venir.

Investissements en santé : créons ensemble de la valeur pour demain


edito 20 octobre
Jean Castex a entamé hier, à raison d’une Région par semaine, son tour de France du soutien à l’investissement en santé, afin de préciser les déclinaisons locales des annonces du Ségur. Sur la méthode, le souhait affiché par le Gouvernement est de rompre avec le centralisme technocratique, et de montrer que ce plan n’est « pas décidé à Paris » mais « ancré sur les territoires, avec une concertation la plus forte possible ».

Le Ségur de la Santé acte un effort massif qui doit être tout entier mis « au service d’une amélioration de l’offre de soins de demain ». Nous ne pouvons que souscrire à cette volonté exprimée par le Premier ministre, et nous y serons vigilants. Les sommes engagées sont trop importantes pour s’autoriser replâtrages et saupoudrages. Il ne s’agit pas « de reconduire toujours l’existant ». Les projets retenus doivent porter une véritable transformation de l’offre au service des patients : décloisonnement entre ville et hôpital, coopérations des acteurs de tous statuts, virage ambulatoire, renforcement de l’accès aux soins…

La dynamique ainsi initiée amorce une territorialisation croissante de la vision de la santé comme de ses financements, qui nécessite la mise en place de démocraties territoriales de santé pleinement vivantes. « Ce plan soutient tous les établissements, quels que soit leur taille, leur statut et leur localisation », a affirmé hier Jean Castex. Cette dimension est fondamentale : on aura beau mettre sur la table des montants financiers considérables, rien de pertinent ni d’utile aux populations ne se fera sans des synergies puissantes entre toutes les parties prenantes sur le territoire ; médecine de ville, établissements de santé publics comme privés, secteur médicosocial, ARS, usagers, et bien sûr les élus, particulièrement interpellés par leurs concitoyens sur les enjeux de proximité.

Oui, « la politique de santé est une politique cardinale de notre pacte républicain », et nous saluons le volontarisme ainsi à l’œuvre, assorti de moyens conséquents. Mais préparer l’avenir de notre système de santé suppose aussi d’en finir avec certains obstacles, qui excluent de facto la santé privée. Le Premier ministre a salué dans son discours le fait qu’à l’occasion de la crise sanitaire, public et privé avaient travaillé ensemble. A présent, c’est ensemble, réunis autour de missions et dans un cadre gouverné par l’équité, que nous relèverons le pari d’une santé davantage déconcentrée, orientée vers les besoins des territoires et créatrice de valeur pour demain.

Imposer la santé dans le débat, un enjeu démocratique


edito 13 octobre
On ne se plaindra pas que, le virus refluant, la santé soit moins au cœur des préoccupations des médias. Sans doute, un certain seuil de saturation a été franchi sur la pandémie, et la machine à informer ayant toujours besoin d’être alimentée, d’autres thématiques sont aujourd’hui à l’affiche. De préférence les plus clivantes…

Mais cela doit nous interroger, en tant qu’acteurs de santé, sur notre rôle. Car l’une après l’autre, les études d’opinion classent la santé en tête des sujets qui comptent pour les citoyens, au coude à coude avec le pouvoir d’achat. Il serait donc démocratiquement problématique que, pour tout un tas de mauvaises raisons, cet enjeu soit latéralisé dans le débat. Plutôt que de subir le tempo, les acteurs de santé, fédérations, syndicats, professionnels, industriels, patients… doivent prendre la main et se mettre en capacité, séparément certes, mais aussi ensemble, d’imposer cet enjeu capital dans l’agenda politique et médiatique des prochains mois.

Nous le devons aux Français, qui doivent pouvoir bénéficier de la comparaison éclairée entre différentes visions de l’avenir de notre système de santé, et pas seulement de petites phrases qui font le buzz pendant 24 heures sur les réseaux sociaux. Je prendrais un seul exemple, parmi beaucoup d’autres : le sujet du rapport entre assurance maladie obligatoire et complémentaire. Ce n’est pas un débat technique, ni seulement politique, mais un débat extrêmement concret pour les Françaises et les Français. Dans un tout récent sondage BVA-Fondation April, 67% des Français pensent que les réponses aux défis qui s’imposent au système de santé nécessiteront d’être financées grâce une complémentarité AMO-AMC. Ils plébiscitent aussi la liberté de choix pour mieux maitriser leur parcours. Ce sont des enseignements intéressants, susceptibles de donner matière à un vrai débat de société.

En post-crise, nous avons besoin collectivement de voir les choses avec davantage de hauteur et de vision. Hier, dans son discours France 2030, le Président de la République a dressé les grandes lignes de force de cette volonté de « se projeter loin », notamment en rebâtissant les termes d’une indépendance productive en santé, française et européenne. La production d’un vaccin en un temps record a été un triomphe de la science. Le cap fixé aujourd’hui est celui d’une réindustrialisation, pour redevenir une grande Nation d’innovation et de recherche.

Ce sont ces « rêves possibles », ces « ambitions faisables », entre « un court-termisme qui fait perdre son sens à l'action publique et une vision de long terme qui nourrirait une forme de défaitisme », qui doivent être exposés aux Français dans les mois qui viennent, pour leur permettre de faire des choix éclairés. L’ensemble du monde de la santé, dont la FHP, doit y contribuer.


Simplification, visibilité, transparence : les clés de la confiance


edito 6 octobre
S’il y a une communauté de vue entre les acteurs de santé et les citoyens dans leur ensemble, c’est bien sur le sujet de la complexité dans laquelle ils évoluent. Dans une récente étude OpinionWay, 42% des sondés estiment que le système de santé est difficile à comprendre, notamment du fait du mille-feuille administratif. 86% des Français considèrent que notre pays compte trop de démarches administratives, et singulièrement en santé avec des incidences sur l’accès aux soins.

Il en ressort un enseignement simple et transposable à de multiples réalités : quand la lisibilité, la visibilité, la transparence et la confiance sont au rendez-vous, on peut déplacer des montagnes. A contrario, rien ne peut être bâti quand l’opacité, la complexité, voire la défiance prédominent.

Ce message a également été très présent au congrès de CHAM des 1er et 2 octobre derniers, consacré à un enjeu majeur : « One Health », cette vision de santé globale qui trouve sa pleine légitimité en post-crise sanitaire, et qui suppose d’avoir un cap partagé, entre les acteurs comme entre les pays.

Un enjeu est revenu tel un leitmotiv : celui des données - données épidémiologiques, données diagnostiques, données d’activité - qui doivent être le socle de toute gestion de crise, de toute politique de prévention, et de toute vision stratégique d’avenir.

C’est cette même volonté de « cap partagé » qui motive d’ailleurs la proposition commune des Fédérations hospitalières publique et privées, autour de la vision pluriannuelle à 5 ans de l’Ondam. Un sujet technique ? Non : un puissant enjeu politique, qui fait de plus en plus largement consensus. L’équation est simple : des établissements de santé sécurisés sur la visibilité de leurs financements peuvent en confiance investir et innover au bénéfice des patients. Il faut aller vite, et le Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022 présenté ce matin en Conseil des ministres en offre l’opportunité, car encore une fois : de la visibilité nait la confiance.

L’antithèse de cela, ce sont les réformes des financements des établissements de soins de suite et de psychiatrie, qui à trois mois de leur application, sont conduites dans une totale opacité. Comment créer de la confiance, quand les pouvoirs publics ne sont pas capables de donner de la visibilité à des acteurs qui se sont pourtant illustrés de manière exemplaire au service des patients pendant la crise sanitaire ?

A CHAM, le Président de la République Emmanuel Macron a appelé à « lever les contraintes absurdes », « ôter la technocratie, les corporatismes et les cloisonnements », pour une vision ambitieuse et commune. Ce chemin est long et exigeant. La présidentielle se profile. Elle peut constituer un moment démocratique exceptionnel si elle parvient - vaste programme - à s’extraire des joutes conjoncturelles pour proposer à l’ensemble du pays une vraie vision de long terme.

Palmarès du Point : une reconnaissance légitime et primordiale


edito 29 sept
Hier se déroulait la soirée du Palmarès 2021 des hôpitaux et des cliniques, organisée par le journal Le Point. Chaque année, la publication du Tableau d’honneur des 50 meilleurs hôpitaux et des 50 meilleures cliniques, ainsi que du classement par pathologies, bat des records de vente.

Cet engouement confirme le besoin qu’ont les Français de repères de référence, parmi une offre de soins dont ils peinent souvent à comprendre les arcanes. D’ailleurs, quand on leur demande, pour notre Observatoire sociétal FHP-Viavoice, quels sont les enjeux les plus importants pour l’avenir, l’accès à des soins de qualité arrive en première position.

La coexistence de deux classements distincts - l’un pour le secteur public, l’autre pour le secteur privé - illustre toutefois les limites de l’exercice. Si collectivement, nous disposions de données mieux harmonisées, plus exhaustives aussi, sur la qualité des pratiques et des actes de soin, nous serions davantage en capacité d’offrir à la population une vision plus juste et plus globale de l’offre de santé.

Aujourd’hui, un média comme le Point vient utilement combler ce qui reste encore trop lacunaire dans notre système de santé : une information éclairée des patients-citoyens, en toute transparence, et des données fiables et partagées.

Cette soirée de Palmarès, dans cet amphi de l’Académie de médecine aux bancs à nouveau occupés, était aussi particulière à plus d’un titre. Particulière, par le besoin de celles et ceux qui ont absorbé le choc de la crise sanitaire, de témoigner, de partager leurs vécus et leurs affects. Particulière aussi, parce qu’au-delà des différences de métiers et de statuts, plusieurs messages sont revenus en permanence dans les débats.

Le premier message est sans surprise : ce qui a été construit dans la tourmente (les coopérations en premier lieu) ne doit pas être détruit par temps calme. Ce serait un paradoxe absolu.

Deuxième message en lien avec le premier : pour que nous soyons prêts à affronter la crise à venir, quelle qu’elle soit, plus de souplesse et de réactivité s’imposent entre les crises. C’est tout le sens, par exemple, du portage par toutes les Fédérations hospitalières, d’une idée à la fois simple et fondamentale : la vision à cinq ans des ressources du secteur sanitaire, pour investir et innover au service des patients.

Enfin, nous vivons une période de sentiments mêlés : la satisfaction prudente de voir la pandémie refluer, et en même temps, une impression de « creux de la vague » dans la reconnaissance des acteurs de santé. Si, dans l’étude FHP-Viavoice, huit Français sur 10 plébiscitent la gestion de la crise sanitaire par les établissements et les professionnels, ils sont 52% à estimer insuffisante la reconnaissance qui leur est apportée.

Pour notre profession, l’absence d’équité entre le public et le privé dans les revalorisations des professionnels de santé au titre du Ségur 2, marque une rupture dans la nécessaire considération de l’action de tous au-delà du statut. C’est un signal d’alerte, qui appelle notre vigilance, et à l’inscription dans le débat de la présidentielle d’un enjeu majeur : la valorisation et l’attractivité des professions du soin, particulièrement auprès de jeunes générations en quête de sens.








Hôpitaux et cliniques à missions


Edito 23 sept
Hier et aujourd’hui, 600 acteurs de l’hospitalisation privée se sont réunis à Marseille, et plus de 1000 personnes connectées, pour les 20e Rencontres de la profession et les 20 ans de la Fédération. Des parlementaires, des élus territoriaux, des directeurs d’Agences Régionales de Santé, des professionnels de santé, des représentants des patients, des think tanks, des représentants du ministère… et bien sûr le ministre Olivier Véran lui-même, sont venus échanger et débattre avec nous tout au long de deux jours d’une densité et d’une intensité peu communes.

Bien sûr, étaient présentes des personnes d’horizons divers, aux multiples engagements, aux sensibilités politiques variées. Mais des mots récurrents, des idées communes, des convictions partagées, ont peu à peu tissé le fil rouge des différentes séquences, et c’est sans doute l’analyse de cette « ligne mélodique » des deux journées de Congrès qui est la plus digne d’intérêt.

Fluidité, coopération, complémentarité, décloisonnement, collaboration, partage… : à l’aune de la crise sanitaire, l’ensemble des intervenant.e.s ont mis l’accent sur l’impérieuse nécessité d’instiller au sein du système de santé davantage de dialogue et de transparence. Des relations entre les acteurs de santé à la gouvernance politique et administrative du système, de l’enjeu des données de santé à une relation soignant-patient revisitée, cette impérieuse nécessité d’ouverture est apparue dans tous nos débats, sans exception.

Notre Observatoire sociétal FHP-Viavoice-Le Point, dévoilé hier, est venu pleinement illustrer l’importance de cet enjeu pour les Françaises et les Français. Concernant la coopération entre les secteurs hospitaliers public et privé, 79% des Français estiment que celle-ci a été une bonne chose pendant la crise sanitaire, et 73 % estiment que cette coopération doit être pérennisée, y compris hors période de crise, sur l’ensemble du territoire. Ce message doit être entendu, car les réalités de terrain ne sont pas toujours à la hauteur de cette aspiration clairement exprimée par les citoyens !

Hier, dans un moment assez solennel, nous avons dévoilé la nouvelle « signature » de la FHP : des hôpitaux à cliniques à missions. L’Observatoire FHP-Viavoice nous montre que l’hôpital public n’a plus le monopole perçu des missions de service public : 73% des Français considèrent que chacun des deux secteurs, public et privé, est légitime pour assurer les missions de service public en matière de santé. Nous avons voulu traduire cette attente au cœur même de notre identité, car cette Signature reflète pleinement la réalité de ce que nous sommes, et notre Raison d’être.

Et si la crise construisait l’avenir de la santé ?


edito 15092021
Les rentrées ne sont plus ce qu’elles étaient et certains rites sont sur le déclin, sur fond de perte d’influence des corps intermédiaires et des partis politiques. Les journées d’action sociale sont diluées dans une défiance et une protestation plus diffuse, plus larvée, mais pas forcément moins profonde. Les « marronniers » de la rentrée politique, tels que les Universités d’été, sont percutés par l’ambiance de veillée d’armes pré-présidentielle et la difficulté d’unir son camp lorsque les prétendants se multiplient. Pendant ce temps, les citoyens oscillent entre une inquiétude persistante devant l’épée de Damoclès de la pandémie et un soulagement certain de voir, un peu, réapparaitre la « vie d’avant » … mais pour combien de temps ?

Dans ce contexte bien particulier, la pire des solutions serait de sombrer dans l’inertie ou l’attentisme. Notre pays ne doit pas rester en apnée jusqu’à avril 2022, des projets, des actions doivent continuer à vivre au-delà des postures, et les acteurs de terrain en santé ont de quoi faire, entre amplification de la dynamique vaccinale, rattrapage des soins hors Covid, et propositions pour l’avenir de la santé, notamment dans le cadre du PLFSS à venir.

Pour notre profession, cette rentrée est particulière : après presque deux ans sans Congrès, nous renouons avec beaucoup de satisfaction avec nos « Rencontres FHP », les 21 et 22 septembre prochains. Nous les avons intitulées « Et si la crise construisait l’avenir de la santé », pour bien faire comprendre que nous n’avons collectivement pas le droit d’enjamber la crise, et que pour être résilients, nous n’en avions pas moins le devoir de tirer, du pire, des perspectives d’espoir.

Pour tous les professionnels qui ont fait face avec un exceptionnel engagement à la crise sanitaire, c’est l’occasion de faire « arrêt sur image » et d’échanger sur leurs bonnes pratiques et sur leurs expertises. Pour la Fédération, c’est l’occasion de faire vivre en cette rentrée, avec tous nos interlocuteurs institutionnels, des débats majeurs qui devront irriguer la sphère publique, sur les enjeux des territoires, les missions de service public en santé, la formation des professionnels, les attentes des citoyens-patients… Le ministre de la santé, Olivier Véran, sera avec nous.

La récente étude Harris Interactive pour le journal Challenges, appelée « Le cœur des Français », interroge ceux-ci sur les aspects les plus importants de leur vie : la famille arrive en premier, suivie juste après… de la santé. Autant dire que ce sujet va être scruté dans les prochains mois, et la Fédération de l’Hospitalisation Privée, par ces Rencontres, est heureuse d’ouvrir des débats qui, souhaitons-le, conduiront à l’action.

L’heure des premiers bilans


edito 8 sept
Les stratégies s’affûtent, les prétendants se dévoilent, les idées bouillonnent : en cette rentrée, chacun a en ligne de mire l’élection présidentielle, élection reine dans la 5e République… C’est aussi l’heure des premiers bilans, et celui dressé, au cœur de l’été, du quinquennat Macron par l’Institut Montaigne n’est pas dénué d’intérêt. Intitulé « le grand décryptage », il brosse pour la santé un portrait équilibré et nuancé de l’action menée.

Une réalité tout d’abord : les impulsions données en début de quinquennat dans le cadre de Ma Santé 2022, ont été largement percutées par une crise sanitaire majeure qui a imposé la mobilisation de multiples ressources. Cette crise elle-même a constitué un puissant « accélérateur et révélateur des forces et faiblesses » de notre système de santé.
Elle a placé les enjeux de santé au premier rang des priorités, généré des investissements sans précédent dans le secteur, et précipité le développement de la santé numérique et l’adhésion des citoyens à celle-ci. Mais dans le même temps, elle a jeté une lumière crue sur « les corporatismes, les blocages et les silos » préexistants dans l’organisation du système, et que seul le volontarisme des acteurs a permis de dépasser dans l’urgence de la lutte contre le virus.

L’institut Montaigne rappelle donc la nécessité d’une structuration de la filière santé, d’une pleine dynamique collective, tant « tous les défis d’aujourd’hui appellent à davantage de transparence et de transversalité ». A titre d’illustration, alors que se tient cette semaine à Marseille le Congrès de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ouvert par le président de la République, la pandémie a fait ressurgir de façon éloquente l’importance d’une vision holistique de la santé et l’intime relation entre santé humaine, animale et environnementale, dans une approche « One Health ».

Constatant enfin que « la crise pandémique a montré la difficulté des décideurs à donner aux acteurs privés toute leur place », la contribution de Montaigne prône une coopération pérenne entre le public et le privé, gage d’innovation et de soins de qualité sur tous les territoires. L’amélioration de la mesure de la qualité et de la pertinence des prises en charge, un pilotage par des données partagées, et une gouvernance territoriale équilibrée et répondant aux besoins des patients : aucun de ces chantiers majeurs ne sera mené sans l’implication de tous, et nous porterons ce message auprès de tous les candidats.







Solidarité sanitaire


edito 1er septembre
La période estivale bien particulière que nous venons de vivre en a apporté la confirmation : dans une pandémie, nos destins sont liés. Celles et ceux qui pourfendent de supposées menaces sur leurs libertés individuelles, se fourvoient. C’est précisément l’exercice de la solidarité collective qui nous prémunit du pire.

Les appels d’Olivier Véran, au cœur de l’été, à venir soutenir les soignants et les populations des Outre-Mer plongés dans une situation épidémique critique, ont été entendus. L’hospitalisation privée, comme ses homologues, les a relayés et s’est mobilisée en soutien des équipes locales. Ce sont ces chaînes d’entraide qui font, peu à peu, reculer la maladie.

Une autre illustration des bienfaits de l’action commune est sans conteste l’Europe. Que n’avait-on pas dit sur sa prétendue impuissance ? Et pourtant, les faits sont là : le Vieux Continent a été au rendez-vous de la vaccination, et l’Union européenne est la première zone de production de vaccins au monde, et la première donatrice ! Enjeu de solidarité majeur là encore, pour endiguer la prolifération des variants et permettre que les pays se protègent mutuellement.

Alors qu’en France la barre symbolique des 50 millions de primo-vaccinés est en passe d’être franchie, trop de personnes âgées ou fragilisées par la maladie restent encore dans l’angle mort de la dynamique vaccinale. Faciliter leur accès à la vaccination est, pour reprendre les mots du ministre de la santé, « un enjeu de justice sanitaire » et de solidarité. Cette relégation de certaines populations vis-à-vis d’impératifs de santé publique doit d’ailleurs tous nous interroger : le soin doit imprégner davantage, et en profondeur, notre tissu social. Les hôpitaux et cliniques privés, qui maillent le territoire, sont prêts à y prendre toute leur part.

A la mi-août, plus de huit hospitalisations sur dix auraient pu être évitées chez les non-vaccinés : cela aurait été autant de tensions en moins pour des professionnels de santé déjà bien éprouvés. Preuve s’il en est que les polémiques sont vaines et que dans un contexte aussi exceptionnel, nous devons tous tendre vers le même but et être aussi solidaires que responsables. Le retour à une forme de vie « normale » à laquelle nous aspirons tous, et même si ses contours restent flous, en dépend.

Responsabilité et équité : les mots-clés de l’été


edito 21 juillet
Faire des hôpitaux, des cliniques et des établissements pour personnes âgées « des sanctuaires anti-Covid » : tel est l’objectif affiché par Olivier Véran, motivant sa volonté de rendre la vaccination obligatoire pour les personnes en contact avec les plus fragiles d’entre nous.

Au-delà, les récentes modélisations de l’Inserm démontrent sans ambiguïté la corrélation entre vaccination dans la population générale et entrées à l’hôpital : si le nombre de primo-injections continuait à diminuer, le pic d'hospitalisations de la troisième vague serait dépassé mi-août. Dans le scénario le plus optimiste en revanche - hausse de 10% des injections de première dose dans toutes les classes d'âge, nous nous maintiendrions sous les 12.000 hospitalisations hebdomadaires.

La réalité est sans doute aujourd’hui entre les deux, et justifie pleinement les appels à la « mobilisation vaccinale générale » au cœur de cet été particulier. Un chiffre édifiant : 96% des personnes testées positives au Covid la semaine précédente n’étaient pas vaccinées…

De même, le passe sanitaire est un mal nécessaire : il ne menace pas nos libertés, il ne clive pas, mais il nous donne au contraire une opportunité de parvenir à recréer du collectif dans un contexte de responsabilité partagée, de « refaire société », alors que le lien social a été très fragilisé ces derniers mois. Le débat est nécessaire, mais nous assistons actuellement à un déballage d’outrances indécent.

« Devenus aux trois-quarts aveugles par la grâce de la polémique, nous ne vivons plus parmi des hommes, mais dans un monde de silhouettes », disait Camus en 1948. Singulière prescience de ce que seraient un jour les réseaux sociaux…

C’est dans ce contexte éprouvant que le ministre de la santé a dressé le bilan du Ségur de la Santé un an après son lancement, une dynamique ambitieuse de transformation du système de santé qui a déjà posé quelques jalons. Hélas, un certain esprit, autour de l’égale considération des professionnels de santé quel que soit leur statut, s’est perdu en route. Alors que la première phase de revalorisation des salaires avait sanctuarisé l’équité public-privé, celle-ci n’est plus de mise aujourd’hui.

Alors que la quatrième vague est là, avec la perspective d’une remise sous tension des femmes et des hommes qui soignent, comment va-t-on expliquer à un infirmier du privé qu’il va être moins bien payé que son homologue du public, à missions équivalentes ? Sur cet enjeu là comme sur les autres, les temps que nous vivons ne devraient donner aucune prise aux clivages.

Vaccination : le devoir d’été


edito 13 juillet
Il y a longtemps qu’un rendez-vous vespéral avec le Président de la République n’avait pas revêtu une telle solennité. Les annonces sont fortes, au-delà sans doute de ce qui était pressenti, à la mesure d’une quatrième vague qui semble de plus en plus inéluctable. La philosophie se résume simplement : faire davantage peser la contrainte sur les non-vaccinés, avec un arsenal d’obligations et de restrictions pour y parvenir.

Je me suis exprimé à plusieurs reprises, y compris dans ce « 106 », en faveur de la vaccination obligatoire pour les soignants. La décision prise par l’exécutif est importante et cohérente, elle participe en effet de ce « sens du devoir », évoqué par le Chef de l’Etat, qui caractérise celles et ceux qui sont au chevet des plus fragiles. Je suis convaincu que ce n’est pas la perspective d’éventuelles sanctions qui vont amener les indécis à franchir le pas, mais la juste appréciation d’une nécessité impérieuse de santé publique : une nécessité qui les « oblige », collectivement et individuellement.

Emmanuel Macron a aussi lancé un appel pressant à la vaccination pour la population. Les hôpitaux et cliniques privés continueront d’être au rendez-vous de cette dynamique dans les prochains mois, y compris pour les personnes qui nécessiteront une troisième injection pour maintenir leur immunité.

Mais c’est sans doute l’application du pass sanitaire qui constitue la nouvelle la plus substantielle, par les changements qu’elle induit dans la vie des Français comme par son application imminente. Dès l’annonce de sa mise en place effective, Doctolib a été saturé d’appels, avec 20 000 prises de rendez-vous par minute ! S’il s’agissait de provoquer un sursaut salutaire pour relancer l’adhésion vaccinale, indispensable pour vaincre le virus, le pari semble gagnant… mais il faudra l’éprouver sur la durée.

L’idée n’est pas de diviser les Français, elle est au contraire de les rassembler autour d’une même aspiration, celle de la reconquête d’une vie qu’on aime, une vie sans virus et sans contraintes. Et pour cela, il n’y a qu’une seule voie, celle de la vaccination, afin de « retrouver le contrôle de notre destin ».

Mais Emmanuel Macron a dit d’autres choses hier soir, davantage passées inaperçues pour les médias : la nécessité de lever les contraintes qui pèsent sur les secteurs les plus en tension, notamment en matière de pénuries de main-d’œuvre ; l’importance de retrouver le chemin d’une indépendance française et européenne pour certains produits essentiels ; de redevenir une grande nation de recherche et d’innovation ; et de continuer à investir dans la formation tout au long de la vie. Autant d’ambitions fondamentales pour la santé, dont l’hospitalisation privée souhaite qu’elles soient très fortement portées par le politique.

Vaccination d’intérêt général


edito 7 juillet 2021
Le processus s’accélère : cet après-midi, Olivier Véran a consulté au ministère les acteurs du monde de la santé sur l’obligation vaccinale chez les soignants. Compte tenu de l’évolution de la situation, et de l’impact du variant Delta sur la circulation virale, il s’agit à présent de poser des actes forts et déterminants pour les semaines et les mois à venir.

A l’issue de cette consultation, les Fédérations sanitaires et médicosociales ainsi que les Ordres des professionnels de santé ont signé avec le ministère une déclaration commune, réaffirmant leur engagement dans la vaccination et s’engageant à mettre en place toute démarche visant à inciter les professionnels à se faire vacciner. Surtout, la déclaration pose le soutien des signataires à une obligation vaccinale des professionnels, susceptible de donner lieu dans des délais brefs au vote d’une loi ad hoc.

J’ai, au nom de la Fédération de l’Hospitalisation Privée, défendu très tôt ce « devoir vaccinal », au nom de la protection des soignants et de ceux qu’ils soignent. Dans la classe politique comme dans la communauté scientifique, un certain consensus semble d’ailleurs se former atour de cette idée. Le Gouvernement prend ses responsabilités, éclairé aussi par les résultats encourageants d’autres pays comme l’Italie, où, selon les derniers chiffres en date, 89% des professionnels de santé sont complètement vaccinés.

Concernant la population générale, et après une phase de plateau, on constate un redémarrage bienvenu des prises de premier rendez-vous de vaccination : plus 40% en une semaine. La stratégie « d’aller vers » pour les plus fragiles, ou encore la souplesse induite sur le lieu de la deuxième dose, portent leurs fruits. En outre, de nouvelles personnalités s’engagent, comme la pnPourtant, cette crise sanitaire terrible recèle paradoxalement une opportunité : celle de rebâtir un certain sentiment d’appartenance à la communauté nationale, en joignant nos efforts pour parvenir à vaincre ensemble la pandémie. Cela passe par la conviction collective autour - pour reprendre les termes de l’excellente campagne de communication d’une ARS - des « effets désirables » du vaccin !eumologue Irène Frachon, qui, outrée de voir son combat contre le Médiator instrumentalisé par les antivax, vient de lancer un appel ardent aux récalcitrants.

En juin dernier, le centre d’études de la vie politique de Science Po (Cevipof) a publié une étude très étayée, établissant un lien entre hésitation vaccinale et abstention électorale. Il ne s’agit pas de faire de corrélation caricaturale, mais la vaccination n’est à l’évidence pas seulement un enjeu sanitaire, mais aussi profondément politique, indissociable de la manière dont nous nous positionnons dans la société. Dans notre pays s’est installé de longue date un climat de défiance, de suspicion, ou - ce qui est peut-être pire encore - d’indifférence liée à un sentiment d’abandon démocratique.

Pourtant, cette crise sanitaire terrible recèle paradoxalement une opportunité : celle de rebâtir un certain sentiment d’appartenance à la communauté nationale, en joignant nos efforts pour parvenir à vaincre ensemble la pandémie. Cela passe par la conviction collective autour - pour reprendre les termes de l’excellente campagne de communication d’une ARS - des « effets désirables » du vaccin !

Devoir vaccinal


edito 30 juin
Les Français, légitimement grisés par l’approche de l’été, sont-ils devenus collectivement plus détachés des précautions sanitaires élémentaires ? C’est en tout cas le signal d’alarme que tirent de manière assez unanime les épidémiologistes, agitant le chiffon rouge d’une quatrième vague sur fond de variant Delta. Les reconfinements ou restrictions observés ici et là à travers la planète ne contribuent guère à rassurer, pas plus que la décélération de la dynamique vaccinale qui commence à se heurter aux hésitants, voire aux hostiles.

Dans ce contexte, j’ai souhaité m’exprimer récemment sur l’obligation vaccinale des professionnels de santé, qui répond à une double nécessité : les protéger, et protéger les malades. Ce qui est vrai pour l’ensemble des citoyens l’est encore davantage pour les soignantes et les soignants qui s’exposent en première ligne, avec un engagement remarquable. Comme l’a dit le Premier ministre : c’est le virus qu’il faut craindre, pas le vaccin !

Olivier Véran est particulièrement investi sur cet enjeu, considérant à juste titre qu’il serait pour le moins paradoxal que les soignants aient un taux de vaccination inférieur à celui de la population générale. Il fixe donc un objectif de vaccination de 80% des professionnels de santé d’ici la fin de l’été, avec au moins une première dose, et prône de faciliter au maximum la démarche en proposant la vaccination sur le lieu de travail. En cas de non-atteinte de cet objectif, le ministre ne s’interdit pas de saisir le Conseil Consultatif National d’Ethique pour ouvrir la voie de l’obligation.

Le débat est donc bel et bien ouvert : une sénatrice, Patricia Demas, vient d’ailleurs de déposer une proposition de loi visant à ajouter le Covid à la liste des maladies faisant l’objet d’une obligation vaccinale pour les soignantes et les soignants.

Mais je veux croire que nous n’aurons pas à aller jusque-là et que l’objectif des 80% sera atteint d’ici la rentrée. On sait bien que trop souvent, les soignants sont oublieux de leur propre santé : pourtant, ils doivent eux aussi penser à eux, et se protéger. Et puis, les professionnels de santé, depuis 18 mois, ont été veilleurs et protecteurs de la santé de notre pays. Leur vaccination constitue finalement l’aboutissement logique de cette philosophie d’action qui les guide !

Agences Régionales de Santé : un rapport mesuré et utile


edito 23 juin 2021
C’est un rapport équilibré, mesuré, que viennent de remettre les députés Agnès Firmin Le Bodo et Jean-Carles Grelier sur les Agences Régionales de Santé. Beaucoup de jugements à l’emporte-pièce ont été émis sur le sujet après la crise sanitaire : le retour à davantage de modération, assorti de recommandations concrètes, ne peut que bénéficier à l’amélioration du système de santé.

Je n’ai cessé de le dire ces derniers mois : l’efficacité de l’action des ARS dans la lutte contre le Covid ne plaide évidemment pas pour un rétrécissement de leurs missions, mais pour un renforcement allié à une simplification de celles-ci. Les deux rapporteurs préconisent à ce titre une nouvelle « revue de missions » des ARS, y intégrant mieux les enjeux émergents de santé (santé environnementale, sécurité sanitaire, prévention…), et favorisant une vision vraiment globale de la santé.

Autre axe important, la clarification des rôles respectifs de l’Etat, des ARS, des préfets, des collectivités territoriales… Une citation célèbre dit qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment : en l’occurrence, la confusion des rôles pendant la crise sanitaire a conduit à des rivalités inutiles, chacun cherchant à prendre la lumière. Clarifier les attributions de chacun contribuera à renforcer la pertinence de l’action de chacun, mais aussi de rassurer les citoyens sur le pilotage général. Pilotage politique et administratif sont complémentaires, pas rivaux.

Agnès Firmin Le Bodo et Jean-Carles Grelier traitent aussi d’une dimension fondamentale, la qualité de la relation entre les établissements de santé et les ARS, avec un principe que l’hospitalisation privée partage absolument : « faire confiance a priori » et « contrôler a posteriori ». Ce principe constitue une revisite indispensable des rapports entre les acteurs de santé et la puissance publique, fondée sur le contrat plutôt que la contrainte. C’est un objectif tout à fait atteignable, si l’on considère que ces derniers mois les ARS ont souvent su faire preuve de pragmatisme, par exemple sur les autorisations, et remédier à certaines rigidités administratives. Gagner en confiance suppose aussi de renouer avec la proximité, donc de renforcer les échelons départementaux.

La FHP avait été auditionnée par les rapporteurs. Nous partageons aussi avec eux cette nécessité de « redonner des marges de manœuvre » aux agences, à travers une rénovation de leur pilotage national afin que celui-ci soit davantage « politique et stratégique ». Des ARS croulant sous les directives et les injonctions, cela aboutit par capillarité à des acteurs soumis à la même gestion de la complexité…

Enfin, le rapport n’oublie pas la dimension des ressources humaines, la montée nécessaire en compétences, notamment au sein des délégations territoriales, et la diversification des profils de recrutement des directeurs généraux d’ARS. Pour œuvrer sur les enjeux émergents de santé, pour conduire le changement et faire progresser notre système de santé, au-delà des organisations, ce sont les femmes et les hommes qu’il convient de valoriser et de considérer.

Dimanche, on vote aussi pour la santé !


edito 16 juin
48 millions de Françaises et de Français sont appelés aux urnes dimanche prochain, pour le premier tour des départementales et régionales. Dans une relative indifférence, qui laisse craindre une mobilisation électorale en berne… alors que, pourtant, c’est de notre quotidien qu’il s’agit.

Au sein de la Fédération de l’Hospitalisation Privée, nous n’avons pas voulu « enjamber » ces élections au motif qu’une autre, certes plus auréolée de prestige, se profile en 2022… Nous avons beaucoup de respect pour les élu.e.s de nos territoires, largement sollicités sur les enjeux de santé, et accordons une grande importance à la relation et à la construction de projets avec eux.

Confrontés à de vraies difficultés, ils tendent de plus en plus à privilégier une approche pragmatique qui fait fi des statuts : ce qui prime, c’est l’accès effectif et la qualité des soins prodigués à leurs concitoyens. La crise sanitaire, sans doute, a aussi contribué à faire tomber certaines barrières.

Nous avons donc entrepris depuis quelques semaines, en lien avec les Fédérations de l’hospitalisation privée de chaque Région, de mieux faire connaitre aux candidates et aux candidats la place des hôpitaux et cliniques privés dans l’offre de soins ; et de leur proposer des perspectives pour la santé dans leur territoire.

Notre conviction est qu’après une crise qui a fragilisé les acteurs, il est préférable de réunir, de rassembler, que d’opposer. Les Agences Régionales de Santé, qui ont été à la hauteur du combat contre le virus, et les collectivités territoriales, impliquées dans la définition des priorités de santé en adéquation avec les besoins de la population, doivent travailler ensemble au sein d’une véritable démocratie territoriale en santé, vivante et partagée.

A l’heure où les financements en santé se territorialisent, les collectivités territoriales auront un rôle essentiel à jouer pour privilégier des investissements à haute valeur ajoutée pour les patients et le système de santé. Les choix devront être motivés par leur apport à une vraie transformation de l’offre de soins, qualitative, pertinente, innovante, et non par des considérations idéologiques !

Et puis, il y a un enjeu majeur à construire, dans une stratégie vraiment partenariale, avec les élus locaux : la formation des professionnels de santé ! Les hôpitaux et les cliniques connaissent une cruelle pénurie de professionnels de santé, notamment paramédicaux. Nous pouvons impulser, ensemble, une vraie dynamique en matière de formation et d’attractivité des métiers de la santé, qui sont des métiers formidables et fondamentaux pour bâtir la société du soin de demain.

Nous serons donc particulièrement attentifs, à l’issue du scrutin, à tisser des liens de confiance et de collaboration avec les nouveaux exécutifs territoriaux, car nous avons, ensemble, de grands défis à relever.

Vaccins : la mécanique d’espoir


edito 9 juin
Avouons-le : rares sont ceux qui, il y a encore quelques mois, auraient misé sur la réussite de la dynamique vaccinale dans notre pays. Puissance du lobby antivax, doutes dans la population générale, inquiétudes autour des temps de fabrication record des vaccins, complexité des chaines d’approvisionnement, casse-tête des quantités et des délais, démarrage pour le moins frileux… Et pourtant, les faits sont venus balayer toutes ces préventions.

Aujourd’hui, en France mais aussi à travers le monde, les campagnes de vaccination présentent de remarquables résultats, déjouant les pronostics des nombreux sceptiques. Il conviendrait sans doute que les commentateurs divers, qui ont été si prompts à éreinter tel ou tel aspect de la gestion sanitaire, le reconnaissent. Mais sans doute ne faut-il pas trop demander dans un pays qui a érigé le « bashing » en vertu cardinale.

Au-delà du bénéfice sanitaire majeur et manifeste, il y a quelques autres leçons à tirer de cet élan vaccinal. D’abord, il faut se féliciter de l’implication de tous les acteurs de santé, souhaitée d’ailleurs par le Gouvernement. Quand il s’agit de lutter contre un péril pandémique, ce n’est pas le moment d’ergoter sur les périmètres ou d’avoir des visions corporatistes. Quant aux hôpitaux et cliniques privés, à la médecine et à la pharmacie de ville, je suis fier de leur action dans la vaccination. Dans l’avenir, il faut sanctuariser cette coopération fructueuse.

Autre enseignement intéressant, ce ne sont pas les injonctions qui amènent les citoyens à un comportement vertueux. Jamais. C’est l’impression de faire quelque chose de bien, pour soi, pour les autres, et pour la collectivité. De participer à une dynamique qui doit dépasser les frontières puisque le virus, lui, les franchit allégrement. Il faut en tirer les leçons pour la santé publique, miser sur cette intelligence collective plutôt que sur des modes coercitifs dépassés. On ne fait pas le bien des gens malgré eux.

Je vois aussi les impacts à plus long terme. Bien sûr, des incertitudes subsistent pour les mois à venir, avec les variants notamment. Mais si véritablement nous tirons un trait sur cette période terrible grâce à la vaccination, il y aura forcément un regain de confiance des citoyens envers les vaccins en particulier, et les progrès de la médecine en général. Et nous avons tout à y gagner.

Et puis il y a un point important et trop délaissé. La critique de l’Europe est l’arme politique facile de certains, qui ne s’en sont pas privés pendant la crise sanitaire. Aujourd’hui pourtant, un adulte européen sur deux a été vacciné avec au moins une dose, et l’objectif de 70% à la mi-juillet est atteignable. En prime, nous sommes le continent le plus solidaire, avec une cinquantaine de pays du monde qui ont reçu des doses produites sur le sol européen. Là aussi, il n’est pas superflu de rétablir quelques vérités…

Pour toutes ces raisons, et surtout pour le plaisir de « revivre » ensemble, poursuivons et amplifions encore cette mécanique d’espoir qui est enclenchée.