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MODELE edito 106 hebdo
C’est une petite évolution sémantique, mais elle ne manque pas d’attirer l’attention : le nouveau conseiller de la ministre de la santé en charge de l’organisation des soins est aussi en charge de… l’exécution des réformes. Le souhait est manifeste, aux côtés des sujets de fond, d’afficher un volontarisme réformateur et « d’incarner » la méthode pour y parvenir.

Or cet enjeu est crucial, tant « la méthode est la clé de la réforme », pour reprendre l’intitulé d’un intéressant rapport de l’Institut Montaigne/Roland Berger publié en 2018. Son message ? Il n’y a aucune malédiction française autour de la volonté de réforme, mais le plus souvent des défauts de méthode, une absence de transparence et d’indicateurs clairs et compréhensibles, et de pédagogie et de visibilité sur les impacts. Si ces paramètres clés sont clarifiés, on crante une appropriation et une adhésion des acteurs, qui sécurisent la réussite ultérieure de la réforme.

Cette analyse trouve dans les réformes initiées dans le domaine de la santé d’éclairantes illustrations. Les lacunes en matière de données tangibles indispensable pour étayer les trajectoires, un pilotage parfois erratique au gré de calendriers fluctuants, l’absence de simulations ou d’études d’impact, jettent trop fréquemment le doute sur des réformes dont le bien-fondé est pourtant reconnu.

La méthode est, dit-on, "l’art de rendre possible ce qui est nécessaire". L’enjeu est donc considérable pour permettre la pleine et entière réussite de la stratégie de transformation du système de santé, et générer de la confiance et de la mobilisation autour des grands défis.

A ce titre, l’adoption dans le PLFSS du principe de régulation pluriannuelle des ressources des établissements de santé constitue une avancée notable, sur le fond naturellement, mais aussi sur la méthode. L’objectif est en effet de définir les contours de cette pluriannualité sur la période 2020-2022 au sein d’un « protocole » - tel est le terme précis inscrit dans la loi - qui définit les engagements respectifs de l’Etat et des organisations représentatives des établissements de santé publics et privés.

Cette démarche de contractualisation va constituer un excellent test de notre capacité collective à aboutir positivement sur le sujet, dans un cadre de pilotage clair et des délais rapides… en bref, dans un cadre méthodologique rigoureux et engageant !