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MODELE edito 106 hebdo

Depuis 20 ans, le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Deux décennies de mobilisation ont été nécessaires pour faire sortir ce sujet dramatique de l’invisibilité sociale dans laquelle il avait été relégué. Mais l’actualité jette une lumière crue sur l’ampleur du phénomène. Un chiffre : en France, chaque année, 220 000 femmes sont victimes de violences de la part de leur compagnon ou ex-compagnon. 

Autre date symbolique, le 20 novembre dernier ont été célébrés les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, sous l’égide des Nations Unies. Et un autre chiffre : en France en 2018, 67 enfants étaient décédés sous les coups d’un parent ou d’un proche. 

Le coût humain, social et économique de ce fléau des violences intrafamiliales est considérable. A quelques jours d’intervalle, ce sont donc deux plans gouvernementaux qui ont été annoncés, étroitement liés l’un à l’autre : en effet, 80% des femmes victimes sont aussi des mères.

Face à cette réalité qui nous confronte à l’indicible, les établissements comme les professionnels de santé ont un rôle majeur à jouer. Le recueil de la parole, le repérage des signaux de maltraitance, le constat des violences, la prise en charge des victimes au sein d’un parcours de soin dédié, font partie de nos missions. Les formations des professionnels, médicaux comme paramédicaux, doivent intégrer davantage ce sujet. 

Parmi les mesures gouvernementales contre les violences conjugales, figure notamment la généralisation, depuis début septembre, de la possibilité de déposer plainte dans les établissements de santé, dans le cadre de conventions de partenariat entre les structures hospitalières et les commissariats et gendarmeries. Cette prise en charge coordonnée est une avancée importante. 

Le sujet de la levée du secret médical pour les violences faites aux femmes fait débat. Certains craignent l’inhibition de la parole des victimes. Je ne trancherai pas ce débat très sensible, mais le Premier ministre a bien cerné l’enjeu en évoquant les cas d’urgence absolue. De même, pour les enfants, l’alerte par le médecin des autorités judiciaires ou administratives en cas de maltraitance avérée est une obligation : on constate d’ailleurs que les signalements progressent. 

La prise de conscience est là. Les institutions s’engagent : la Haute Autorité de Santé a émis récemment des recommandations et des outils d’aide aux professionnels de santé, sur le repérage des enfants maltraités ou en risque de l’être, ainsi que sur le repérage des femmes victimes de violences. Dans cette grande cause, établissements et professionnels, soyons tous concernés, tous mobilisés !


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