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Redonner du sens

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MODELE edito 106 hebdo 15 janvier 2020
C’est une phrase qui ne nous a pas échappé : « Vous pouvez compter sur moi pour vous accompagner dans la transformation du système de santé dans laquelle vous êtes engagés ». Lors de ses Vœux lundi soir, la ministre de la santé a dit sa détermination à soutenir l’ensemble des acteurs de santé, évoquant leur « détresse » : celle de l’hôpital public bien sûr, mais aussi celle des autres composantes du système, dont le secteur privé, qualifiées « d’essentielles ».

Cette expression n’est pas anodine, dans un contexte où, en novembre dernier, les annonces du plan « Investir à l’hôpital » avaient largement laissé de côté le secteur privé. Pourtant, les enjeux de relance de l’investissement, de rémunération ou encore de renforcement de l’attractivité des carrières concernent l’ensemble des établissements, publics comme privés. Les professionnels de santé exerçant dans les hôpitaux et cliniques privés méritent eux aussi attention et reconnaissance. Faire des arbitrages à rebours de l’équité porte préjudice à l’ensemble du système de santé. En 2020, j’affirmerai plus que jamais cette exigence d’une prise en considération systématique de notre profession. Pas pour une satisfaction narcissique, mais pour le service au public !

Vous le savez, les fédérations hospitalières publique et privées parlent désormais d’une même voix sur certaines orientations politiques fortes. Chacun a fait un pas pour insuffler cet esprit nouveau, et j’y ai moi-même œuvré. Notre pays est en proie à suffisamment de fractures sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter ! Les acteurs de santé sont attendus, peut-être davantage que les autres, sur un discours de responsabilité et de réponse pragmatique aux besoins. Face aux défis à venir, rentrer dans des polémiques vaines constituerait le pire des paris. Pour bâtir les parcours et les coopérations indispensables, il faut un secteur privé et un secteur public à égalité de forces comme de moyens, de droits comme de devoirs.

J’entends ce qui se passe en ce moment, y compris au sein des hôpitaux publics. Nous avons des différences de vue, mais aussi quelque chose en commun : une quête de sens. Trop souvent dans la santé, les approches administrées et les visions comptables priment sur le sens que nous aspirons tous à donner à nos missions. La complexité abyssale de l’environnement, les procédures descendantes, les injonctions contradictoires : tous les établissements de santé sont familiers de ce quotidien. Des ressources inépuisables d’abnégation et de passion sont souvent nécessaires pour continuer, dans l’adversité, à retrouver du sens et tout simplement à soigner.

Un défi de taille profile pour l’avenir : ramener les jeunes générations vers les métiers du soin. Au début de ses vœux, Agnès Buzyn a annoncé sa volonté de doubler les formations d’aides-soignants. C’est positif. Mais au-delà, nous ne susciterons l’envie d’exercer ces métiers magnifiques que si la transformation du système de santé parvient à redonner tout son sens à l’acte de soin.