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Une question de temps

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MODELE edito 106 hebdo 4 mars 2020
La question de la gestion du temps, fondamentale en politique, est particulièrement présente dans l’actualité. Gestion du temps de crise dans la lutte contre le Coronavirus, où chaque jour compte pour tenter d’enrayer la propagation du virus. Gestion du temps politique dans le débat sur les retraites, entre débats qui s’éternisent et volonté d’aller vite dans la réforme.

Lorsque nous avons signé en février avec Agnès Buzyn le protocole sur la pluriannualité des ressources, c’était aussi dans l’esprit d’une réappropriation de cette gestion du temps : substituer à l’arbitraire d’arbitrages couperets, des capacités d’anticipation et de vision de long terme pour nos établissements de santé. La maîtrise de la temporalité est un enjeu stratégique majeur et une aide inestimable pour développer des projets pour nos patients.

J’ai par ailleurs la conviction que toute logique de « contractualisation » confère aux parties prenantes – en l’occurrence les acteurs de santé et la puissance publique - un surcroît d’exigence et de responsabilité. En témoigne un premier effet positif du processus vertueux ainsi initié : une campagne tarifaire respectueuse du calendrier et globalement conforme aux engagements politiques pris.

On a parfois coutume de dire que le temps politique n’est pas celui des acteurs économiques, ni celui des évolutions sociétales. Davantage de dialogue et de concertation, une meilleure prise en considération des corps intermédiaires, un consensus autour d’engagements partagés, peuvent pourtant contribuer à harmoniser davantage les tempos.

Nous restons évidemment toujours, et fortement en vigilance, tant le tissu hospitalier est fragilisé. Lorsqu’un fait nouveau, imprévisible, fait irruption dans notre quotidien, a fortiori de l’ampleur d’une épidémie, ce sont toutes les structures hospitalières qui sont fortement mobilisées, voire mises en tension. Ce qui se passe actuellement doit plus que jamais faire prendre conscience de l’attention profonde, constante dont les hôpitaux, les cliniques et les professionnels de santé doivent faire l’objet, avec des moyens à la hauteur.

Dans ce contexte, les maires sont eux aussi particulièrement mis à contribution. Parmi les élus, ce sont ceux qui bénéficient de la meilleure cote de confiance, investis d’un rôle de rassurance et aussi de mise en garde contre la désinformation… Dans notre consultation pour les élections municipales, les directrices et directeurs d’établissements de santé privés expriment une volonté forte d’entretenir dans l’avenir une relation encore plus partenariale avec leurs maires, et d’être pleinement investis dans la cité. C’est une dynamique intéressante, prometteuse, qui montre que le temps politique et le temps des acteurs peuvent être à l’unisson, lorsqu’une logique vraiment coopérative s’instaure pour faire vivre la santé et l’accès aux soins dans les territoires.