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Coopérer, protéger, soigner : le privé pleinement mobilisé

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Edito 106 LG 25 mars 2020
Notre système de santé comme notre société tout entière vivent une déflagration d’une violence inouïe. Nos repères les plus élémentaires sont bousculés, nos certitudes ébranlées, notre vision de l’avenir assombrie. Dans ce chaos, les Français mettent plus que jamais leur espoir dans les établissements de santé et leurs soignants pour gagner la guerre contre le virus.

Mais dans toute guerre, il y a quelques principes stratégiques clés à respecter.

D’abord, une coopération sans faille des acteurs de santé, car chaque jour compte. Après des débuts laborieux dans certains territoires, le bon sens semble de retour. Les citoyens se soucient comme d’une guigne de querelles dérisoires : ils attendent de nous que nous luttions ensemble, dans des circonstances exceptionnelles qui imposent l’unité et la solidarité. Ils attendent que nous sachions nous adapter et nous organiser, vite, lorsque dans une région la pandémie monte en puissance. Je veux leur dire que nous sommes là, pour les soigner de notre mieux, et que nous resterons sur le front en dépit de la déferlante.

Ensuite, l’impératif de protection des soignants. Ce n’est pas pour faire le « buzz » que j’ai été très présent dans les médias ces derniers jours, mais parce qu’en tant que président de la FHP, je dois jouer mon rôle de lanceur d’alerte. Et clairement aujourd’hui, il y a le devoir collectif de doter massivement les professionnels de santé des équipements sanitaires indispensables pour faire barrage au Covid. Certes, les initiatives citoyennes fleurissent, et c’est formidable, mais aussi profondément préoccupant car cela révèlent les failles de notre Etat protecteur. C’est parce que nous soutenons l’action, ô combien ardue, du ministre de la santé et de l’ensemble du Gouvernement, que nous estimons indispensable d’alerter quand cela est nécessaire.

Enfin, la prise de conscience pour préparer demain. Les formules « il y aura un avant et un après » ou encore « rien ne sera jamais comme avant », peuvent vite devenir vides de sens. Soyons vigilants : nous aurons certes besoin de résilience, mais aussi de mémoire. Les acteurs de santé seront là pour rappeler l’inestimable valeur des soignants et leur contribution fondamentale à notre humanité. Ils seront là pour tenter de rétablir une certaine hiérarchie des valeurs, au sein de laquelle le soin et la santé bénéficieront enfin de toute la reconnaissance qu’ils méritent.

A ce moment-là, quand nous essaierons, comme dit Christian Bobin, « d’extraire du chaos la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin », il faudra s’en souvenir.