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Apprendre de cette crise sanitaire

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Image edito 15 avril
36,7 millions de Français étaient devant leur télévision lundi soir pour écouter le Président de la République, tant chacune et chacun, dans ces moments difficiles, a besoin d’explications et de perspectives. Pour ma part, je retiens de cette intervention trois moments.

Le premier moment, c’est lorsqu’Emmanuel Macron a rendu hommage « aux coopérations inédites entre les hôpitaux et les cliniques privées ». Cette reconnaissance officielle, au sein d’une allocution solennelle, est aussi importante que méritée. Elle s’accompagne d’un éloge appuyé aux soignants, et de toutes celles et ceux qui tiennent le pays debout et méritent considération et valorisation.

Cette coopération entre les secteurs hospitaliers de tous statuts ne doit pas être un feu de paille, attisé par l’urgence de la situation, mais une organisation durable sous l’égide d’une régulation juste et équilibrée des Agences Régionales de Santé, comme ce qui s’est passé en Ile-de-France. Les citoyens, qui plébiscitent cette intelligence collective, ne comprendraient pas un retour en arrière. Nous avons, à la faveur de cette crise, installé dans l’esprit de la population qu’une organisation plus mature entre les acteurs de santé était possible : nous n’avons pas le droit de les décevoir.


Le deuxième moment fort, c’est lorsqu’Emmanuel Macron a clairement reconnu que notre pays n’était pas assez préparé à un tel phénomène pandémique, notamment en ce qui concerne les équipements de protection. Cette situation délétère, nous la vivons et nous la dénonçons depuis de nombreuses semaines, en entrevoyant de loin en loin de faibles perspectives d’amélioration.

Dans une note du think tank Terra Nova publiée aujourd’hui, intitulée « Du H1N1 au Covid-19, comment les sociétés désapprennent », il est dit que l’expérience du H1N1 et le degré de mobilisation des autorités de l’époque (notamment sur les stocks de matériels de protection) aurait pu - du ? - avoir « un effet d’apprentissage particulièrement précieux » pour la suite. Hâtons-nous donc de tirer tous les enseignements des dysfonctionnements qui affectent actuellement la gestion de cette crise, d’y remédier, et surtout d’emmagasiner collectivement un savoir expérientiel pour l’avenir, tant nous devrons vivre pendant longtemps avec la réalité pandémique. La réussite du déconfinement, disons-le, dépend d’un sursaut sur les masques et les tests, promis pour toute la population alors qu’à ce jour même les professionnels de santé ne voient pas grand-chose venir…

Enfin, un troisième moment que je retiens est la référence au danger du renoncement aux soins. Les Français « doivent pouvoir continuer à consulter leur médecin », a dit le Président de la République. C’est le message que je porte avec force, notamment dans les médias, depuis une dizaine de jours : la nécessité, pour éviter toute perte de chance, que les citoyens retrouvent le chemin des établissements de santé et des cabinets médicaux. Voir que des services d’urgences fonctionnent à 30% de leur activité constitue un véritable signal d’alarme.

Dès à présent, les établissements adaptent leurs pratiques à un contexte pandémique qui va, hélas, nous accompagner longtemps. Il faut le dire clairement : aujourd’hui, c’est en restant chez soi qu’on prend des risques alors qu’on a besoin de consulter. C’est pourquoi nous mettons en place des circuits de prise en charge sécurisés, différenciés de ceux qui accueillent des patients Covid. Là aussi, nous apprenons en continu de ces nouveaux process, et nous acquerrons des savoirs indispensables pour préparer l’avenir et prodiguer toujours la meilleure qualité des soins.