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Devoir d’humilité

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Edito 290420 texte centre
La gestion et le suivi de cette pandémie imposent un devoir constant d’humilité. La plupart des hypothèses qui avaient fondé les décisions prises il y a deux mois ont depuis lors été largement questionnées, voire remises en cause. « On apprend en marchant », reconnaissait hier un membre du Conseil scientifique. Telle est la réalité avec laquelle il va falloir longtemps composer, n’en déplaise aux démagogues de tous ordres, tant ce virus est imprévisible et cette situation, inédite.

Le discours du Premier ministre hier était empreint de cette humilité, traduite dans l’extrême progressivité du déconfinement : progressivité dans le temps, avec une doctrine réajustée selon des phases de trois semaines, et progressivité dans l’espace, avec une adaptation aux évolutions épidémiologiques des territoires. Il y avait de la solennité dans l’hémicycle hier, car ce n’est pas tous les jours qu’un arbitrage politique porte entre ses mains la survie économique d’un pays, mais surtout la santé et la vie des Français.

Cette humilité implique aussi, de la part des pouvoirs publics, d’être à l’écoute de celles et ceux qui combattent le virus, afin de faire évoluer les stratégies de façon pertinente et ancrée dans les réalités du terrain. Depuis le début de cette crise, l’hospitalisation privée a allié le déploiement d’une incroyable mobilisation sanitaire à la volonté d’être contributive et constructive à chaque étape. J’en veux pour exemple notre message de santé publique sur l’impératif retour aux soins des citoyens.

Nos établissements de santé sont des capteurs des évolutions épidémiologiques, des lanceurs d’alerte des dysfonctionnements, des réceptacles des souffrances d’une population. C’est cette réalité que notre Fédération porte et transmet à la puissance publique, qui doit l’entendre.

L’humilité consiste également à réaliser que rien n’est jamais immuable ou acquis, et, au lieu de le déplorer, d’en tirer les leçons nécessaires. Cette crise a démontré une capacité des acteurs de santé à dépasser des cadres statutaires étriqués pour porter ensemble des missions de service public. La promotion de l’intérêt général s’accommode mal des postures hégémoniques.

Enfin, l’humilité et la responsabilité, ce sont des principes qui vont guider les hôpitaux et cliniques privés dans les semaines et les mois à venir, pour accueillir dans un contexte épidémique tous les patients, dans les conditions les plus propices à les rassurer sur la sécurisation de leur prise en charge. Ce ne sera pas une tâche aisée, cela bouleverse déjà nos pratiques, mais nous le ferons et nous le ferons bien, car rien ne remplace la confiance de celles et ceux que nous soignons.