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Résilience, agilité, responsabilité : nos vies déconfinées

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Edito 106 LGZ
Il y a deux mois, l’entrée en confinement avait provoqué une sidération collective devant ce phénomène inédit qui faisait ainsi irruption dans nos vies. Cette sidération n’est pas moins grande à la faveur du déconfinement, tant le monde d’avant nous semble loin, tant notre quotidien, même dans ses aspects les plus anodins, est chamboulé par toutes les précautions qu’il nous faut prendre. En ce sens, le déconfinement est peut-être plus exigeant encore que la période qui lui a précédé ! Et la reconquête légitime, et même indispensable, d’espaces de liberté a une contrepartie : l’esprit de responsabilité.

Il va donc falloir que chacun s’adapte, progressivement et avec discernement, à cette nouvelle réalité, afin de trouver les bons équilibres. C’est le cas pour les établissements de santé, qui devront, pour reprendre les termes du rapport de Jean Castex publié lundi, « faire face de façon concomitante à une épidémie encore active et une reprise progressive de l’activité de soins programmés ». Les termes employés dans le rapport sont révélateurs des aptitudes qu’il convient de déployer à l’occasion de ce déconfinement : « réversibilité », « conciliation », « dérogation », « élasticité », autant de ressources d’agilité et d’adaptation qui, ainsi que nous l’avons démontré de manière indiscutable ces deux derniers mois, constituent la marque des hôpitaux et cliniques privées.

Le message que je ne cesse de porter depuis plusieurs semaines est clairement repris : pointant le « niveau inquiétant » du report des soins, Jean Castex appelle au rattrapage et à la reprogrammation des activités, fondés sur une concertation territoriale sous l’égide des ARS, « afin d’assurer une équité entre établissements ». Cette notion d’équité entre les établissements de tous statuts est fondamentale pour permettre une mobilisation massive en faveur du retour aux soins des Français.

L’adaptation, c’est ce qui caractérise également les professionnels de santé, alliée à une bonne dose de résilience : alors qu’ils étaient déjà tant sollicités, ils doivent à présent s’adapter à un nouveau contexte de soins, accaparant, minutieux, astreignant, et cela force l’admiration. Le Gouvernement a exprimé il y a quelques semaines sa volonté de leur manifester une juste considération, à travers notamment un dispositif de primes destiné au privé comme au public. Dont acte, mais à ce jour nous attendons toujours, aux côtés des autres fédérations hospitalières privées, l’aboutissement concret de cet engagement dans notre secteur. Nous mettons un point d’honneur à obtenir gain de cause, pour celles et ceux qui le méritent tellement.

Il est compliqué de se projeter dans l’avenir de nos vies déconfinées. Mais la crise, aussi éprouvante soit-elle, aura inculqué quelques leçons de vie, révélé des compétences et des talents insoupçonnés, requis de la hauteur de vue et de la force morale. Le déconfinement doit préserver cela, à savoir le meilleur de ce que nous pouvons tous réaliser. Il y aura des tensions, des protestations, parfois même des velléités de régler des comptes. A cela, il est largement préférable de substituer la volonté d’être constructif, de préserver la qualité de la relation humaine, de proposer des voies nouvelles d’organisation des soins, et surtout de porter mieux que jamais, au sein de notre profession, nos missions de service au public.