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La santé d’après : ce que veulent les Français

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Edito 106 LG 20 mai 2020
« Rien ne sera comme avant » : comment éviter que cette formule, très prisée ces temps-ci, ne s’avère finalement qu’un mantra vide de sens ? Trois exigences doivent, j’en ai la conviction, nous guider.

Première exigence, celle de tirer toutes les leçons du passé, en l’occurrence du passé récent lié à la crise sanitaire. Le Président de la République et le ministre de la santé ont annoncé leur volonté de réorienter la réforme du système de santé à l’aune de l’exceptionnelle mobilisation de ces dernières semaines. La concertation qui s’ouvre à partir du 25 mai doit être l’occasion d’un vaste retour d’expériences, exhaustif, lucide, qui associe sans distinction de statut tous les acteurs de santé.

Nous venons de publier les résultats de notre sondage réalisé avec l’institut d’opinion Viavoice. En dépit de l’inquiétude, voire de la défiance ambiantes, la crise sanitaire a davantage encore conforté la confiance envers les acteurs de santé : 88% des Français ont confiance dans les cliniques privées, 85% dans les hôpitaux publics. De tels scores plaident pour que les changements soient vraiment coconstruits avec les acteurs.

Deuxième exigence, pour que rien ne soit plus comme avant : écouter ce que veulent vraiment les Français en matière de santé. Répondre à leurs attentes en matière d’accès aux soins, de qualité et de pertinence de leur prise en charge, de prévention, de prise en considération de la parole et de l’expérience du patient. Ecouter les acteurs de santé également, qui ces trois derniers mois ont fait la démonstration éclatante de leur aptitude à se dépasser.

Notre sondage interroge les Français sur leurs attentes après la crise : la reconquête d’une forme de souveraineté sanitaire, avec la relocalisation de la production de matériel sanitaire, arrive en tête. La pénurie de masques a profondément marqué une opinion publique en attente de protection, physique mais aussi symbolique. Apparait ensuite la nécessité de donner davantage de moyens aux établissements de santé pour accomplir leurs missions et de revaloriser les professionnels, axes qui devraient être au cœur du « Ségur de la santé ».

Troisième exigence enfin, peut-être la plus difficile après un cataclysme comme celui que nous venons de vivre : parvenir à poser un cap politique clair, à proposer des perspectives qui mobilisent et qui rassemblent, malgré les turbulences que notre pays va connaître sur le plan économique et social. Les déclinologues en tous genres sont déjà à l’affût. Ne rentrons pas dans ce jeu. La période qui s’ouvre doit s’efforcer de convoquer le meilleur de chacun.

Dans notre étude faite avec Viavoice, les Français plébiscitent la collaboration entre les hôpitaux publics et les cliniques privées : 77% considèrent que celle-ci doit se prolonger après la crise et s’inscrire comme une base d’organisation pérenne de notre système de santé, dans tous les territoires. Le message délivré par les citoyens pour « le monde d’après » - autre formule à laquelle il convient de donner du sens ! - est clair : il est celui de l’action dans la coopération, et nous devons tous l’entendre.