En poursuivant sur ce site, vous acceptez l'utilisation des cookies.
Ces cookies nous sont nécessaires au bon fonctionnement des fonctionnalités du site.
Gérer mes cookies.

Bâtir la société du prendre soin

share share
print

MODELE edito 106 hebdo 24 juin 2020
Nous devrions connaitre très bientôt les décisions prises par le politique en faveur des professionnels de santé. En réalité, même si d’autres enjeux sont mis sur la table, l’exécutif sait pertinemment que l’opinion publique attend de pied ferme une juste rétribution de l’engagement de celles et ceux qu’ils ont applaudis tout au long de la crise sanitaire.

Dans une société en mal de références fédératrices, le plébiscite des « héros du quotidien » est pleinement justifié… mais il est aussi piégeant. Car placer les individus dans une posture héroïque, quasi sacrificielle - ne parle-t-on pas, d’ailleurs, de « vocation » ? - est aussi une façon d’éluder les véritables enjeux : la revalorisation des professionnels et l’attractivité des métiers.

Et là, clairement, le Ségur de la Santé doit se montrer à la hauteur de ce qui constitue un sujet majeur de société : donner envie, particulièrement aux jeunes générations, d’exercer les professions de la santé et du soin, en faisant émerger des conditions de carrière et d’exercice plus favorables, plus motivantes, porteuses de reconnaissance, de perspectives et de sens. Il y a urgence : 10% des emplois dans les établissements de santé sont actuellement vacants.

Il y a bien sûr l’enjeu des rémunérations. Si des mesures ambitieuses sont adoptées prochainement, elles doivent l’être dans des proportions et des modalités rigoureusement identiques entre le secteur public et le secteur privé de la santé. Les Français qui ont plébiscité les coopérations dans la lutte contre le virus y seront attentifs.

Au-delà, le secteur de la santé a tous les atouts pour participer à la politique de relance de notre pays. Alors que l’économie de la France est éprouvée, il offre un potentiel de 100 000 nouvelles embauches de professionnels ! Là encore, il y a urgence, pour enclencher une puissante dynamique de formation aux métiers de la santé et un vaste plan de recrutement, à la hauteur des besoins en soins de la population.

« Sans le care, la société s’effondre », nous dit la philosophe Cynthia Fleury. Nous ne savons peut-être pas de quoi demain sera fait, et si la menace pandémique s’inscrira, ou non, comme une réalité durable dans nos existences. Mais nous savons qu’il n’y a pas de temps à perdre, et que la société du prendre soin dont nous avons plus que jamais besoin se bâtit à travers les décisions politiques d’aujourd’hui.