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La santé, un enjeu démocratique

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MODELE edito 106 hebdo 1er juillet 2020
En novembre dernier, je participais à un débat sur les enjeux de santé dans le cadre du Congrès de l’Association des Maires de France. Sur scène et dans la salle, quelques 150 maires étaient venus témoigner de leur quotidien et des inquiétudes de leurs concitoyens en matière d’accès aux soins. Dans leurs mairies, leurs permanences, ils étaient tout autant interpellés sur la santé, voire davantage, que sur les sujets d’emploi ou de logement… Nul doute que les nouveaux maires élus dimanche dernier auront largement eux aussi cette priorité à leur agenda.

Avec ces élus de toutes les sensibilités politiques, nous avions eu un échange de grande qualité. J’avais été frappé par leur absence d’idées préconçues, par leur ouverture d’esprit, leur pragmatisme : que le soutien et l’offre de santé viennent du public ou du privé n’importait pas, ils aspiraient seulement à des solutions concrètes, ancrées dans la réalité des besoins de la population dans leur commune.

Je ne l’ai pas oublié quand j’ai porté pendant la crise sanitaire l’impératif de coopération des acteurs de santé. Si certains discours teintés d’idéologie sont encore tenaces, ils résistent difficilement face aux résultats du terrain.

Lors de ce débat, j’avais senti aussi affleurer une amertume de la part de ces élus locaux, entre préoccupation et sentiment d’impuissance. Un sujet fait largement consensus aujourd’hui dans les débats du Ségur de la santé : les élus territoriaux doivent revenir dans le jeu de la gouvernance de la santé.

L’hospitalisation privée porte le concept de « démocratie territoriale de santé », qui confère aux collectivités locales un rôle moteur dans l’animation des projets territoriaux de santé, aux côtés d’ARS confortées dans leurs missions de régulation, de financement et de contrôle. Il ne s’agit pas de savoir qui doit avoir la suprématie, mais de dégager les bons équilibres : la crise a montré à quel point nous gagnerions à mieux nous connaitre, à mieux travailler ensemble, les professionnels, l’administration, les élus, les usagers…

Le scrutin qui vient d’avoir lieu fait apparaître dans le paysage politique de nouveaux visages, de nouvelles sensibilités. Les repères politiques classiques sont souvent chahutés, les Français cherchent dans l’après-crise à donner un autre sens à l’action publique, la préoccupation environnementale, indissociable du sujet de la santé, émerge. Mais le fait majeur demeure l’abstention écrasante, alors que les élus locaux sont pourtant ceux qui bénéficient d’un réel crédit de confiance et d’adhésion. Il convient d’entendre ces messages, y compris lorsqu’on est acteur de santé. Entendre la quête de sens tout d’abord, et y répondre par l’accomplissement de nos missions de santé, qui sont l’une des illustrations les plus manifestes du service de l’intérêt général. Et redonner au politique, sur les territoires, une vraie latitude pour réinvestir les enjeux de santé, car la santé participe à la cohésion sociale et au renouveau démocratique.