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Acte 2 de la pandémie : un enjeu de démocratie sanitaire

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106 hebdo 23 septembre
La terminologie jusqu’ici prononcée avec prudence, voire circonspection, de « deuxième vague », commence à gagner du terrain au regard de la résurgence épidémique. Mais forts des retours d’expérience passés, nous abordons collectivement cette réalité de manière bien différente.

Il n’est plus question aujourd’hui de reconfinement généralisé de la population, insoutenable socialement et économiquement ; ni de déprogrammation massive d’actes médicaux et chirurgicaux à l’échelle nationale, qui aurait des conséquences délétères sur l’état de santé du pays. La mise en œuvre de solutions ciblées est évidemment le bon chemin, mais elle est sans doute plus exigeante encore dans sa mise en œuvre.

En effet, par rapport à un cadrage drastique mais quasi « sécurisant », l’ajustement fin aux réalités du terrain nécessite plus que jamais une adhésion des acteurs : adhésion des acteurs de santé qui sont en première ligne, et adhésion des citoyens dont la vie quotidienne est bouleversée. On a beaucoup entendu dire que la démocratie sanitaire avait été trop latéralisée au printemps. En tout cas, les semaines qui viennent vont constituer un double test, à fort enjeu, pour le politique comme pour les administrations.

Premier test, sur leur capacité à prendre des décisions raisonnées et proportionnées, qui sachent donner lieu à une pleine acceptabilité sociale de la part des citoyens, sans excès de zèle ni laxisme. C’est une dimension essentielle pour asseoir la confiance de la société, non seulement en contexte pandémique mais aussi à plus long terme. Nous, établissements de santé, avons un rôle à jouer, pour contribuer à délivrer les bons messages et rassurer sur la sécurisation des prises en charge.

Deuxième test, sur la capacité du politique comme des administrations à coconstruire vraiment les organisations et les arbitrages avec celles et ceux qui soignent sur le terrain, et à les faire coopérer en bonne intelligence autour de missions partagées. La dichotomie est encore vivace entre l’affichage d’un volontarisme politique et la réalité du vécu des acteurs. Quant à l’ajustement au terrain, il ne doit pas se traduire par de la discordance et une hétérogénéité brouillonne de décisions, mais donner lieu à du consensus et de la concertation.

Nous vivons un moment charnière, où des changements de paradigmes fondamentaux pour l’avenir se construisent aujourd’hui. Le Ségur de la santé porte en filigrane la volonté de rebattre les cartes entre le national et le régional. Mais il ne saurait avoir, a fortiori en temps de crise, de démocratie territoriale de santé vivante sans cap cohérent et concerté avec tous.