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De la hiérarchie des priorités en temps de crise

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106 hebdo 30 septembre
« Hors normes », « historique », la presse surenchérit ce matin sur les qualificatifs pour évoquer le Projet de loi de financement de la sécurité sociale qui se profile, percuté par la violence de la crise sanitaire. Plus sobrement, le dossier de presse des ministères évoque un PLFSS « singulier », ce qui dans le langage euphémistique du politique révèle néanmoins l’ampleur du séisme auquel nous sommes confrontés…

Pour y remédier, les pouvoirs publics ont mis en place depuis plusieurs mois de puissants leviers d’amortissement du choc de la crise : pour l’économie du pays en général, et pour les établissements de santé en particulier, avec la garantie de financement. Ce n’était pas seulement nécessaire : c’était vital. Ces dernières semaines, je me suis beaucoup déplacé dans les régions à la rencontre des adhérentes et des adhérents de l’hospitalisation privée, et j’ai écouté leurs témoignages. Ainsi soutenus, ils ont pu se consacrer exclusivement à la seule chose qui comptait dans ces moments-là : soigner. Ce message sur la pérennité du soutien aux établissements et aux professionnels de santé, nous aurons à cœur de le délivrer au moment des débats sur le PLFSS, alors que l’épidémie est malheureusement ancrée durablement dans nos vies.

Une crise, aussi rude soit-elle, constitue aussi l’occasion de rehiérarchiser les priorités politiques autour de ce qui est vraiment important et utile pour les acteurs, pour le système, et surtout pour les patients. De faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire. De privilégier ce qui est aidant, d’expurger ce qui est anxiogène et pénalisant. De fixer des ambitions politiques fortes, structurantes pour le pays et pour notre avenir à tous, qui prennent l’ascendant sur certains rouleaux compresseurs technocratiques et certaines réformes secondaires. Cet inventaire est nécessaire dans une période qui requiert la pleine mobilisation de nos établissements et de nos professionnels, déjà éprouvés par la première vague. Chacun doit pouvoir remplir ses missions sereinement, et cela aussi, nous l’exprimerons au moment des discussions sur le PLFSS.

Enfin, la séquence parlementaire qui s’ouvre se doit de tirer toutes les leçons de ce que nous avons vécu au printemps. Les acteurs de santé aspirent plus que jamais à de la coopération, du décloisonnement, de la visibilité à long terme, de la transparence, du partage, pour rebâtir le système de santé. Nous avons besoin, notamment, de parler le même langage et de fonder nos pratiques et nos décisions sur des données fiables et partagées. A court terme, comment piloter une crise en temps réel sans des indicateurs homogènes mis à la disposition de tous ? A moyen et long terme, comment parler pluriannualité et prospective sans partage d’une information juste qui crée la confiance, qui suscite l’adhésion et qui pousse à voir plus loin ? Dans nos échanges avec les parlementaires, ces enjeux de pilotage et de gouvernance trouvent un véritable écho.

Le PLFSS n’est donc pas seulement un texte technique, malgré sa complexité parfois : il offre l’opportunité de vrais débats démocratiques, et nous y prendrons toute notre part.