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Forces et faiblesses

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edito 106 hebdo 15102020
Au fil des rapports et des missions d’information, les retours d’expérience sur la crise sanitaire s’affinent et convergent. Ils constituent d’utiles balises pour mieux affronter l’avenir proche. Le dernier rapport en date, commandé par l’Elysée, émane de l’infectiologue Didier Pittet et de plusieurs autres experts. Rapport d’étape, ni lapidaire ni complaisant, il pointe des forces et des faiblesses, et propose un certain nombre de marges d’amélioration qu’au sein de l’hospitalisation privée, nous partageons.

Parmi les points positifs, les capacités d’adaptation et l’effort considérable de mobilisation du système de santé français sont saluées, ainsi que la fluidité de la coopération entre le public et le privé : avec un point de vigilance toutefois sur la soutenabilité du système, dans un contexte de menace pandémique persistante. Autre satisfecit, et non des moindres, la bonne gestion par l’exécutif des conséquences économiques de la crise sanitaire : nous pouvons, au sein de notre profession, témoigner du soutien apporté.

Mais la mission met aussi en évidence des défauts d’anticipation et de préparation, dont la carence d’équipements de protection a été la manifestation la plus flagrante : « On a vu le déclin progressif du degré de priorité accordé à la prévention des pandémies entre 2010 et 2020 ». Focalisé sur d’autres priorités et d’autres périls, notre pays a probablement pour partie baissé la garde sur ces enjeux. Un sursaut s’impose.

En outre, l’un des constats majeurs qui ressort est celui d’un pilotage trop cloisonné de la crise, avec notamment une interministérialité défaillante et des agences nationales en carence de partage d’indicateurs. La France n’a pas à rougir de son action contre le virus, et les décideurs ont pris la mesure de la gravité de la situation. Mais la complexité des circuits de décision a pu mettre en difficulté le politique, ses arbitrages… et sa communication.

Autant d’enseignements qui rentrent évidemment en résonance avec ce que nous vivons aujourd’hui : la nécessité de maintenir un haut degré de mobilisation malgré la fatigue, l’importance de la cohérence dans le pilotage, a fortiori dans une approche davantage régionalisée, et bien sûr l’enjeu de la pédagogie envers les citoyens. Le rapport prône, sans doute à juste titre, une meilleure association de la société civile aux décisions prises. En tout cas, face à l’irresponsabilité des « rassuristes », il est plus que jamais de notre devoir collectif de passer des messages forts et clairs.