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Pandémie, le temps long

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edito LG 18112020
Le temps long… En cette fin d’année 2020 qui s’étire, ces mots résonnent particulièrement en nous. Notre rapport au temps se trouve bouleversé lors de ces périodes de confinement, avec la mise en suspens de certains repères qui scandent d’habitude le quotidien.

Le temps long, c’est celui d’une maladie qui affecte fréquemment les patients sur la durée, et celui de l’inquiétude des proches qui guettent une guérison.
Le temps long, c’est celui de l’épidémie et de ses rebonds, auxquels les établissements comme les professionnels de santé font face avec, en dépit de la lassitude, un engagement qui force l’admiration.
Il va donc falloir « vivre avec le virus sur le temps long », a dit le Premier ministre Jean Castex. Dans toute l’Europe, les Gouvernements préparent donc des « règles » pour les mois à venir. C’est hautement souhaitable, car ce qui était toléré socialement au printemps, sous l’effet de l’angoisse et de la sidération, risque sinon de s’émousser davantage au fil des semaines.

Nous voyons bien les fronts de contestation qui s’élèvent ici et là, alors que pourtant, en tant qu’acteurs de santé, nous sommes bien placés pour dire aux Français qu’il ne faut en rien relâcher l’effort.
Donner des perspectives, même si elles demeurent contraignantes, de la visibilité de long terme, des raisons d’espérer aussi et de se projeter dans l’avenir : tel est sans nul doute le meilleur chemin à emprunter.
Nous devons nous aussi, hôpitaux et cliniques privés, composer avec ce temps long.

Il suppose que les établissements de santé continuent à être soutenus pour remplir sereinement leurs missions, tant que durera la pandémie.
Il impose de maintenir dans les semaines et les mois qui viennent un haut niveau de prise en charge, non seulement des patients Covid, mais aussi des patients souffrant d’autres pathologies, afin d’atténuer au maximum les retards de soin.

Il nécessite de hiérarchiser avec pertinence les priorités, et de simplifier le quotidien des établissements pour leur permettre de se concentrer sur le soin. En cela, l’adoption il y a quelques jours d’un amendement du Gouvernement décalant les réformes des financements des établissements de soins de suite et de réadaptation, ainsi que des cliniques psychiatriques, est mieux que bienvenu.

Ce temps long doit aussi être celui de la fidélité aux bons gestes, aux bons réflexes, qui constituent, non des atteintes à notre liberté, mais autant de jalons pour la reconquérir.

Enfin, ce temps long doit être mis à profit pour préparer l’après, avec notamment les perspectives ouvertes par le vaccin, et l’importance d’inscrire de manière pérenne dans l’organisation des soins les acquis de la crise sanitaire en matière de coopérations public-privé. Dans cette perspective, la FHP jouera à la fois son rôle syndical, de promotion du rôle de notre profession, et sociétal, en misant sur la pédagogie et l’intelligence collective.