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La culture du recours au privé

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edito 16122020
A quelques jours d’intervalle, les deux Commissions d’enquête sur le Covid, à l’Assemblée Nationale comme au Sénat, ont rendu leurs conclusions au sein de rapports-fleuves extrêmement fouillés et documentés. Alors que, malheureusement, la lutte contre le virus s’avère plus que jamais d’actualité, la publication de ces travaux en cette fin d’année offre une riche matière à réflexion, pour améliorer drastiquement notre préparation collective à une crise sanitaire.


Les parlementaires dédient évidemment de larges développements aux enjeux de la coopération public-privé. Le document de l’Assemblée Nationale déplore notamment un dispositif de crise trop centré sur l’hôpital public. Le retard pris dans la sollicitation du privé, vu au début de la crise comme une solution d’ultime recours lorsque l’hôpital public arrive à saturation, est hérité aux yeux des députés d’une tradition de régulation médicale centrée sur l’hôpital public. Ils soulignent aussi que par la suite, la participation des hôpitaux et cliniques privés à la gestion de la crise a été importante et croissante.


Les sénateurs, de leur côté, saluent le fait que l’épidémie ait fourni le cadre d’une coopération réelle entre public et privé, facilitée par les Agences régionales de santé ; mais ils estiment que l’attribution des autorisations exceptionnelles délivrées aux établissements privés souhaitant fournir un service de réanimation aurait pu être encore plus prompte, dans un contexte où pas une minute ne doit être perdue. En outre, le rapport sénatorial, sévère sur la gestion des équipements de protection, évoque la méthode « contre-productive » des réquisitions et le choix contesté de faire appel aux Groupements hospitaliers de territoire sur le volet logistique.


La préconisation commune de ces deux rapports est claire : face à une situation de crise, mais plus largement dans l’organisation de l’offre de soin, l’automatisme du recours au privé doit faire partie intégrante de la culture des pouvoirs publics. Rien n’est plus délétère que le sentiment d’être mis à l’écart. Si le politique aujourd’hui est bien davantage que par le passé imprégné de ce « réflexe privé », il reste encore à irriguer puissamment de cette conviction l’ensemble de la gouvernance du système de santé, encore « complexe et peu lisible », pour reprendre les termes des sénateurs. Nous continuerons à nous y employer en 2021.


D’ici là, je vous souhaite à toutes et tous, de très belles fêtes de fin d’année !