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Présents, plus que jamais

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edito 3 fev 2021
Si début février 2020, on nous avait annoncé qu’un an après, la France aurait à déplorer près de 77 000 décès dus au Covid-19, nous aurions eu une représentation apocalyptique de notre avenir. Aujourd’hui, entre les débats sur l’enjeu vaccinal, la réouverture des restaurants, la fermeture des écoles ou encore le soutien aux entreprises, ce chiffre que peu d’entre nous auraient imaginé suscite à présent une indifférence polie de la part des médias.

Lundi soir, 456 personnes sont mortes en 24 heures à cause du virus, et pourtant la banalisation de ces annonces quotidiennes est à peine rompue par, de loin à loin, le cri de détresse d’un proche qui n’a pas pu faire son deuil dans des conditions satisfaisantes.

Il est un peu facile d’accuser l’ogre médiatique, qui doit toujours se mettre quelque chose de nouveau sous la dent. Sans doute aussi la société, face à l’avalanche de mauvaises nouvelles, met-elle en branle des réflexes de défense collectifs. Mais il ne doit pas y avoir de « concurrence des empathies » entre les détresses sanitaires et les dégâts économiques. Le virus continue à faire des victimes, qui au-delà des statistiques représentent autant de drames humains, et impose que notre attention ne se relâche en rien.

Dans ce contexte, je tiens à rappeler à quel point les établissements et les professionnels de santé sont encore pleinement présents et engagés dans la lutte contre le virus. Ce n’est pas parce que les caméras se sont tournées vers d’autres objets d’intérêt, que l’intensité de cette lutte est moindre : les déprogrammations actuelles en témoignent.

Notre rôle est actuellement triple : le soin des nombreux patients touchés par le Covid-19, la prise en charge des autres malades afin d’éviter tout retard de soin, et l’engagement déterminé dans la stratégie vaccinale. Les incertitudes sur l’avenir - l’émergence de nouveaux variants, les aléas dans la campagne de vaccination… - laissent entrevoir une mobilisation encore très soutenue dans les prochains mois.

Il y a quelques jours, je participais à la restitution des résultats du Baromètre 2020 de l’Expérience Patient : il est très intéressant de constater que celui-ci ne conclut pas à une dégradation de l’expérience patient pendant la crise. La lutte contre le virus a développé une considération à autrui et un sentiment partagé de besoin relationnel au-delà de la technique du soin, y compris de la part des soignants éprouvés qui ont besoin de puiser chaque jour du sens à leur pratique. J’y vois un indicateur important de la qualité de nos pratiques, alliant rigueur et humanité, même dans des situations extrêmes.

Aujourd’hui donc, plus que jamais, les établissements de santé doivent continuer à être soutenus dans leurs missions, tant par la puissance publique dans ses arbitrages, que par une société attentive à garder intactes ses capacités de vigilance et d’empathie.