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La filière santé, une chance pour la France

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edito 7 avril
La santé est, et sera, au cœur du débat public dans les prochains mois. On peut sans trop de risque supposer, contrairement aux présidentielles précédentes qui avaient poliment effleuré le sujet, que les candidates et candidats de 2022 en feront un argument majeur de campagne.

Il faut y voir, pour les acteurs de santé que nous sommes, une opportunité inédite pour exposer notre vision de l’avenir de la santé dans notre pays. Si cette terrible crise sanitaire aura au moins permis de hisser la santé au rang des priorités majeures pour les Français, tout ceci n’aura pas été en vain.

Une contribution utile a été publiée il y a quelques jours par l’Institut Montaigne. Intitulée « Filière santé : gagnons la course à l’innovation », elle pose d’abord clairement la santé comme un secteur économique fondamental pour la France, créateur de croissance, employant « environ 7% de la population active française », et devant être davantage valorisé comme tel.

Hélas, ce dynamisme est enrayé par les multiples fonctionnements en silos du secteur de la santé, qui nuisent à la transparence et à la transversalité pourtant indispensables à la construction d’une vision de long terme. L’Institut Montaigne appelle donc à la coordination de « l’ensemble des acteurs, publics et privés, vers un objectif commun : la création de valeur pour les patients et l’ensemble du système de santé ».

Pour y parvenir - et nous ne disons pas autre chose ! - il convient de repenser profondément le rôle de l’Etat. Celui-ci doit passer « d’un rôle de gérant du système de santé, au statut de garant des règles du jeu et de la vision », faisant la part belle aux initiatives et aux marges de manœuvre des acteurs.

Cela suppose notamment de remédier à l’éclatement de la gouvernance de la puissance publique en santé, qui porte préjudice à l’élaboration de visions stratégiques et partagées… et de mettre en place une stratégie ambitieuse de pilotage par la donnée, pour être collectivement « plus réactifs et plus efficaces ».

Enfin, la note reprend notre communiqué FHP de septembre 2020 sur le manque de soignants en France, en recommandant de travailler sur deux axes : la création de passerelles des métiers en décroissance vers les métiers de la santé, et le développement de l’offre en formation continue ; et des passerelles également des métiers paramédicaux vers les métiers médicaux. Que ces sujets formation/emploi qui mobilisent largement l’hospitalisation privée, soient ainsi portés au débat est aussi important que nécessaire.

« Cette crise a montré la difficulté des décideurs traditionnels à donner aux acteurs privés toute leur place » : c’est sans doute vrai. Et elle a aussi montré, dans le même temps, que l’intelligence collective pouvait infléchir la donne. La semaine dernière, le Président de la République comme le Premier ministre ont salué la fluidité actuelle de la coopération public-privé dans la crise sanitaire. Pérennisons donc ces acquis et appuyons-nous sur des travaux de la qualité de ceux de Montaigne, pour amplifier ce mouvement.