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Faire mieux la prochaine fois

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edito 19 mai
Le rapport commandé par le Président de la République au professeur Didier Pittet sur l’évaluation de la gestion de la crise Covid et l’anticipation des risques pandémiques vient de remettre ses conclusions. Un rapport équilibré, d’une tonalité apaisée, mais qui pour autant ne cède en rien à la complaisance dans ses constats, et émet des propositions claires.

Une certitude : la France figure dans le groupe des 33 pays, sur 179, qui ont été très affectés par le virus, avec plus de 1300 décès par million d’habitants. D’une analyse chronologique des événements, il ressort l’insuffisance du niveau de préparation à la crise dans notre pays, combinaison de multiples facteurs, structurels et conjoncturels : éclatement de la gouvernance de la santé et centralisation excessive, gestion trop hospitalo-publique centrée, limitation des systèmes d’information en santé nuisant au bon pilotage de la crise, faiblesse de la santé publique et déficit de culture de prévention du risque infectieux, cloisonnement entre le sanitaire et le médico-social… Autant d’analyses partagées et exprimées par l’hospitalisation privée ces derniers mois.

Mais le rapport souligne aussi avec justesse le fait que les autorités ont su tirer les enseignements au fil du temps. Réfutant tout erratisme dans la décision publique, il pointe les facultés d’adaptation, de manière parfois « spectaculaire », à une réalité constamment mouvante. Surtout, la Mission salue la réactivité et la mobilisation remarquable des acteurs - établissements et professionnels de santé, ARS…, permettant souvent de "compenser le manque d'anticipation des pouvoirs publics". Une fois dépassées les « tensions initiales », la coopération entre le secteur public et le secteur privé est qualifiée de « fluide ».

Alors, comment « faire mieux la prochaine fois, car il y aura une prochaine fois », selon les termes du professeur Pittet ? En créant dans notre pays une culture commune de la gestion du risque, de tous les risques auxquels nous pouvons être confrontés dans l’avenir. Cela impose, pour les auteurs du rapport, une dimension interministérielle accrue, une acculturation des acteurs de santé et de la société civile, des cadres théoriques adaptés aux réalités de terrain, une meilleure coordination de l’expertise scientifique, et un renforcement drastique de la santé publique.

Les propositions du rapport Pittet sont ambitieuses, de long terme et nécessite des réorganisations de fond. Mais elles ne sont pas clivantes, ne jettent l’opprobre sur personne et en cela, elles peuvent être fédératrices. Et c’est sans doute ce qu’il faudra pour aborder l’après-crise, tant notre pays aura besoin de cohésion, et de raisons d’espérer.