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Mieux se former à ce qui vient

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edito 26 mai
Depuis huit mois, j’ai la chance de présider, à la demande de Geoffroy Roux de Bézieux, le Comité des Acteurs de Santé du MEDEF. Je dis « la chance », car les membres de ce Comité, qui viennent d’horizons très divers, portent un regard riche et prospectif sur l’avenir de notre système de santé et de soin. Alors que nous sommes toutes et tous résolument engagés dans la lutte contre le virus, il est essentiel, et salutaire, de dégager du temps pour la réflexion.

Pour alimenter cette réflexion, les groupes de travail émanant du Comité procèdent à de multiples auditions. Au-delà de la diversité de celles-ci, il est frappant de constater la convergence de certaines analyses : comme si la crise sanitaire avait eu pour effet de mettre à bas certaines postures, d’acter la vanité de certains dogmatismes, en faisant émerger des points puissants de consensus. Pas un consensus « mou », mais une véritable prise de conscience collective, loin des controverses médiatiques.

Parmi ces analyses convergentes, figure de manière récurrente la nécessaire bascule à opérer dans notre rapport collectif à la crise, aux enjeux de sécurité sanitaire, et plus largement à la santé publique et à la prévention. Autant d’enjeux majeurs dont doivent bien sûr s’emparer nos élites, pour développer une véritable culture de l’anticipation et valoriser davantage celles et ceux qui en sont les acteurs.

Mais ces enjeux doivent aussi irriguer toute la société. On a un peu perdu de vue les sciences humaines et sociales pendant cette crise : pourtant, des mesures plus fines et régulières de l’acceptabilité sociale de telle ou telle mesure sanitaire auraient épargné bien des polémiques inutiles, et construit une vigilance commune fondée sur la confiance. Même chose aujourd’hui pour convaincre de l’intérêt du vaccin…

Sensibilisation, acculturation, formation, autant de mots-clés qui ont guidé l’Organisation Mondiale de la Santé pour son projet d’Académie mondiale de la Santé, qui ouvrira ses portes à Lyon en 2023. L’objectif ? Devenir une structure de formation de référence en matière de santé publique, et former aux enjeux sanitaires aussi bien les responsables publics que les dirigeants d’entreprise et toutes forces vives de la société civile à travers le monde.

A l’occasion de l’assemblée annuelle de l’OMS en début de semaine, Emmanuel Macron a pointé « l’importance de la science » face au « cortège de désinformations », et l’enjeu de la formation du grand public comme des professionnels, fondée sur des données fiables, pour faire face « à tous les chocs que nous ne manquerons pas de connaitre dans les décennies à venir ».

Je rappelle régulièrement les missions de service public qu’accomplissent les hôpitaux et cliniques privés, ou qu’ils doivent investir encore davantage dans l’avenir, des urgences à l’accueil des internes. Là réside le sens même de mon engagement syndical. Parmi ces missions, je suis convaincu que nous devons amplifier notre engagement en matière de prévention, pour rendre toujours mieux un véritable service de santé publique. Ainsi serons-nous pleinement des acteurs d’un monde mieux préparé à ce qui vient.