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Vaccins : la mécanique d’espoir

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edito 9 juin
Avouons-le : rares sont ceux qui, il y a encore quelques mois, auraient misé sur la réussite de la dynamique vaccinale dans notre pays. Puissance du lobby antivax, doutes dans la population générale, inquiétudes autour des temps de fabrication record des vaccins, complexité des chaines d’approvisionnement, casse-tête des quantités et des délais, démarrage pour le moins frileux… Et pourtant, les faits sont venus balayer toutes ces préventions.

Aujourd’hui, en France mais aussi à travers le monde, les campagnes de vaccination présentent de remarquables résultats, déjouant les pronostics des nombreux sceptiques. Il conviendrait sans doute que les commentateurs divers, qui ont été si prompts à éreinter tel ou tel aspect de la gestion sanitaire, le reconnaissent. Mais sans doute ne faut-il pas trop demander dans un pays qui a érigé le « bashing » en vertu cardinale.

Au-delà du bénéfice sanitaire majeur et manifeste, il y a quelques autres leçons à tirer de cet élan vaccinal. D’abord, il faut se féliciter de l’implication de tous les acteurs de santé, souhaitée d’ailleurs par le Gouvernement. Quand il s’agit de lutter contre un péril pandémique, ce n’est pas le moment d’ergoter sur les périmètres ou d’avoir des visions corporatistes. Quant aux hôpitaux et cliniques privés, à la médecine et à la pharmacie de ville, je suis fier de leur action dans la vaccination. Dans l’avenir, il faut sanctuariser cette coopération fructueuse.

Autre enseignement intéressant, ce ne sont pas les injonctions qui amènent les citoyens à un comportement vertueux. Jamais. C’est l’impression de faire quelque chose de bien, pour soi, pour les autres, et pour la collectivité. De participer à une dynamique qui doit dépasser les frontières puisque le virus, lui, les franchit allégrement. Il faut en tirer les leçons pour la santé publique, miser sur cette intelligence collective plutôt que sur des modes coercitifs dépassés. On ne fait pas le bien des gens malgré eux.

Je vois aussi les impacts à plus long terme. Bien sûr, des incertitudes subsistent pour les mois à venir, avec les variants notamment. Mais si véritablement nous tirons un trait sur cette période terrible grâce à la vaccination, il y aura forcément un regain de confiance des citoyens envers les vaccins en particulier, et les progrès de la médecine en général. Et nous avons tout à y gagner.

Et puis il y a un point important et trop délaissé. La critique de l’Europe est l’arme politique facile de certains, qui ne s’en sont pas privés pendant la crise sanitaire. Aujourd’hui pourtant, un adulte européen sur deux a été vacciné avec au moins une dose, et l’objectif de 70% à la mi-juillet est atteignable. En prime, nous sommes le continent le plus solidaire, avec une cinquantaine de pays du monde qui ont reçu des doses produites sur le sol européen. Là aussi, il n’est pas superflu de rétablir quelques vérités…

Pour toutes ces raisons, et surtout pour le plaisir de « revivre » ensemble, poursuivons et amplifions encore cette mécanique d’espoir qui est enclenchée.