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Agences Régionales de Santé : un rapport mesuré et utile

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edito 23 juin 2021
C’est un rapport équilibré, mesuré, que viennent de remettre les députés Agnès Firmin Le Bodo et Jean-Carles Grelier sur les Agences Régionales de Santé. Beaucoup de jugements à l’emporte-pièce ont été émis sur le sujet après la crise sanitaire : le retour à davantage de modération, assorti de recommandations concrètes, ne peut que bénéficier à l’amélioration du système de santé.

Je n’ai cessé de le dire ces derniers mois : l’efficacité de l’action des ARS dans la lutte contre le Covid ne plaide évidemment pas pour un rétrécissement de leurs missions, mais pour un renforcement allié à une simplification de celles-ci. Les deux rapporteurs préconisent à ce titre une nouvelle « revue de missions » des ARS, y intégrant mieux les enjeux émergents de santé (santé environnementale, sécurité sanitaire, prévention…), et favorisant une vision vraiment globale de la santé.

Autre axe important, la clarification des rôles respectifs de l’Etat, des ARS, des préfets, des collectivités territoriales… Une citation célèbre dit qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment : en l’occurrence, la confusion des rôles pendant la crise sanitaire a conduit à des rivalités inutiles, chacun cherchant à prendre la lumière. Clarifier les attributions de chacun contribuera à renforcer la pertinence de l’action de chacun, mais aussi de rassurer les citoyens sur le pilotage général. Pilotage politique et administratif sont complémentaires, pas rivaux.

Agnès Firmin Le Bodo et Jean-Carles Grelier traitent aussi d’une dimension fondamentale, la qualité de la relation entre les établissements de santé et les ARS, avec un principe que l’hospitalisation privée partage absolument : « faire confiance a priori » et « contrôler a posteriori ». Ce principe constitue une revisite indispensable des rapports entre les acteurs de santé et la puissance publique, fondée sur le contrat plutôt que la contrainte. C’est un objectif tout à fait atteignable, si l’on considère que ces derniers mois les ARS ont souvent su faire preuve de pragmatisme, par exemple sur les autorisations, et remédier à certaines rigidités administratives. Gagner en confiance suppose aussi de renouer avec la proximité, donc de renforcer les échelons départementaux.

La FHP avait été auditionnée par les rapporteurs. Nous partageons aussi avec eux cette nécessité de « redonner des marges de manœuvre » aux agences, à travers une rénovation de leur pilotage national afin que celui-ci soit davantage « politique et stratégique ». Des ARS croulant sous les directives et les injonctions, cela aboutit par capillarité à des acteurs soumis à la même gestion de la complexité…

Enfin, le rapport n’oublie pas la dimension des ressources humaines, la montée nécessaire en compétences, notamment au sein des délégations territoriales, et la diversification des profils de recrutement des directeurs généraux d’ARS. Pour œuvrer sur les enjeux émergents de santé, pour conduire le changement et faire progresser notre système de santé, au-delà des organisations, ce sont les femmes et les hommes qu’il convient de valoriser et de considérer.