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Responsabilité et équité : les mots-clés de l’été

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edito 21 juillet
Faire des hôpitaux, des cliniques et des établissements pour personnes âgées « des sanctuaires anti-Covid » : tel est l’objectif affiché par Olivier Véran, motivant sa volonté de rendre la vaccination obligatoire pour les personnes en contact avec les plus fragiles d’entre nous.

Au-delà, les récentes modélisations de l’Inserm démontrent sans ambiguïté la corrélation entre vaccination dans la population générale et entrées à l’hôpital : si le nombre de primo-injections continuait à diminuer, le pic d'hospitalisations de la troisième vague serait dépassé mi-août. Dans le scénario le plus optimiste en revanche - hausse de 10% des injections de première dose dans toutes les classes d'âge, nous nous maintiendrions sous les 12.000 hospitalisations hebdomadaires.

La réalité est sans doute aujourd’hui entre les deux, et justifie pleinement les appels à la « mobilisation vaccinale générale » au cœur de cet été particulier. Un chiffre édifiant : 96% des personnes testées positives au Covid la semaine précédente n’étaient pas vaccinées…

De même, le passe sanitaire est un mal nécessaire : il ne menace pas nos libertés, il ne clive pas, mais il nous donne au contraire une opportunité de parvenir à recréer du collectif dans un contexte de responsabilité partagée, de « refaire société », alors que le lien social a été très fragilisé ces derniers mois. Le débat est nécessaire, mais nous assistons actuellement à un déballage d’outrances indécent.

« Devenus aux trois-quarts aveugles par la grâce de la polémique, nous ne vivons plus parmi des hommes, mais dans un monde de silhouettes », disait Camus en 1948. Singulière prescience de ce que seraient un jour les réseaux sociaux…

C’est dans ce contexte éprouvant que le ministre de la santé a dressé le bilan du Ségur de la Santé un an après son lancement, une dynamique ambitieuse de transformation du système de santé qui a déjà posé quelques jalons. Hélas, un certain esprit, autour de l’égale considération des professionnels de santé quel que soit leur statut, s’est perdu en route. Alors que la première phase de revalorisation des salaires avait sanctuarisé l’équité public-privé, celle-ci n’est plus de mise aujourd’hui.

Alors que la quatrième vague est là, avec la perspective d’une remise sous tension des femmes et des hommes qui soignent, comment va-t-on expliquer à un infirmier du privé qu’il va être moins bien payé que son homologue du public, à missions équivalentes ? Sur cet enjeu là comme sur les autres, les temps que nous vivons ne devraient donner aucune prise aux clivages.