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Palmarès du Point : une reconnaissance légitime et primordiale

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edito 29 sept
Hier se déroulait la soirée du Palmarès 2021 des hôpitaux et des cliniques, organisée par le journal Le Point. Chaque année, la publication du Tableau d’honneur des 50 meilleurs hôpitaux et des 50 meilleures cliniques, ainsi que du classement par pathologies, bat des records de vente.

Cet engouement confirme le besoin qu’ont les Français de repères de référence, parmi une offre de soins dont ils peinent souvent à comprendre les arcanes. D’ailleurs, quand on leur demande, pour notre Observatoire sociétal FHP-Viavoice, quels sont les enjeux les plus importants pour l’avenir, l’accès à des soins de qualité arrive en première position.

La coexistence de deux classements distincts - l’un pour le secteur public, l’autre pour le secteur privé - illustre toutefois les limites de l’exercice. Si collectivement, nous disposions de données mieux harmonisées, plus exhaustives aussi, sur la qualité des pratiques et des actes de soin, nous serions davantage en capacité d’offrir à la population une vision plus juste et plus globale de l’offre de santé.

Aujourd’hui, un média comme le Point vient utilement combler ce qui reste encore trop lacunaire dans notre système de santé : une information éclairée des patients-citoyens, en toute transparence, et des données fiables et partagées.

Cette soirée de Palmarès, dans cet amphi de l’Académie de médecine aux bancs à nouveau occupés, était aussi particulière à plus d’un titre. Particulière, par le besoin de celles et ceux qui ont absorbé le choc de la crise sanitaire, de témoigner, de partager leurs vécus et leurs affects. Particulière aussi, parce qu’au-delà des différences de métiers et de statuts, plusieurs messages sont revenus en permanence dans les débats.

Le premier message est sans surprise : ce qui a été construit dans la tourmente (les coopérations en premier lieu) ne doit pas être détruit par temps calme. Ce serait un paradoxe absolu.

Deuxième message en lien avec le premier : pour que nous soyons prêts à affronter la crise à venir, quelle qu’elle soit, plus de souplesse et de réactivité s’imposent entre les crises. C’est tout le sens, par exemple, du portage par toutes les Fédérations hospitalières, d’une idée à la fois simple et fondamentale : la vision à cinq ans des ressources du secteur sanitaire, pour investir et innover au service des patients.

Enfin, nous vivons une période de sentiments mêlés : la satisfaction prudente de voir la pandémie refluer, et en même temps, une impression de « creux de la vague » dans la reconnaissance des acteurs de santé. Si, dans l’étude FHP-Viavoice, huit Français sur 10 plébiscitent la gestion de la crise sanitaire par les établissements et les professionnels, ils sont 52% à estimer insuffisante la reconnaissance qui leur est apportée.

Pour notre profession, l’absence d’équité entre le public et le privé dans les revalorisations des professionnels de santé au titre du Ségur 2, marque une rupture dans la nécessaire considération de l’action de tous au-delà du statut. C’est un signal d’alerte, qui appelle notre vigilance, et à l’inscription dans le débat de la présidentielle d’un enjeu majeur : la valorisation et l’attractivité des professions du soin, particulièrement auprès de jeunes générations en quête de sens.