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Imposer la santé dans le débat, un enjeu démocratique

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edito 13 octobre
On ne se plaindra pas que, le virus refluant, la santé soit moins au cœur des préoccupations des médias. Sans doute, un certain seuil de saturation a été franchi sur la pandémie, et la machine à informer ayant toujours besoin d’être alimentée, d’autres thématiques sont aujourd’hui à l’affiche. De préférence les plus clivantes…

Mais cela doit nous interroger, en tant qu’acteurs de santé, sur notre rôle. Car l’une après l’autre, les études d’opinion classent la santé en tête des sujets qui comptent pour les citoyens, au coude à coude avec le pouvoir d’achat. Il serait donc démocratiquement problématique que, pour tout un tas de mauvaises raisons, cet enjeu soit latéralisé dans le débat. Plutôt que de subir le tempo, les acteurs de santé, fédérations, syndicats, professionnels, industriels, patients… doivent prendre la main et se mettre en capacité, séparément certes, mais aussi ensemble, d’imposer cet enjeu capital dans l’agenda politique et médiatique des prochains mois.

Nous le devons aux Français, qui doivent pouvoir bénéficier de la comparaison éclairée entre différentes visions de l’avenir de notre système de santé, et pas seulement de petites phrases qui font le buzz pendant 24 heures sur les réseaux sociaux. Je prendrais un seul exemple, parmi beaucoup d’autres : le sujet du rapport entre assurance maladie obligatoire et complémentaire. Ce n’est pas un débat technique, ni seulement politique, mais un débat extrêmement concret pour les Françaises et les Français. Dans un tout récent sondage BVA-Fondation April, 67% des Français pensent que les réponses aux défis qui s’imposent au système de santé nécessiteront d’être financées grâce une complémentarité AMO-AMC. Ils plébiscitent aussi la liberté de choix pour mieux maitriser leur parcours. Ce sont des enseignements intéressants, susceptibles de donner matière à un vrai débat de société.

En post-crise, nous avons besoin collectivement de voir les choses avec davantage de hauteur et de vision. Hier, dans son discours France 2030, le Président de la République a dressé les grandes lignes de force de cette volonté de « se projeter loin », notamment en rebâtissant les termes d’une indépendance productive en santé, française et européenne. La production d’un vaccin en un temps record a été un triomphe de la science. Le cap fixé aujourd’hui est celui d’une réindustrialisation, pour redevenir une grande Nation d’innovation et de recherche.

Ce sont ces « rêves possibles », ces « ambitions faisables », entre « un court-termisme qui fait perdre son sens à l'action publique et une vision de long terme qui nourrirait une forme de défaitisme », qui doivent être exposés aux Français dans les mois qui viennent, pour leur permettre de faire des choix éclairés. L’ensemble du monde de la santé, dont la FHP, doit y contribuer.