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Des priorités, à l’aune des besoins des patients

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edito 27 octobre 2021
« L’organisation comme le pilotage du système de santé semblent aujourd’hui en décalage avec les besoins des patients » : c’est par ce constat sans appel que débute la récente production de l’Institut Montaigne intitulée : « Parcours du patient, parcours du combattant ».

Le premier mérite de ce travail est de se placer du point de vue du citoyen-patient, et de ses perceptions : quand plus d’un tiers des Français ont le sentiment de vivre dans un désert médical, traduisant ainsi une perception très dégradée de l’accès aux soins, on peut objecter que la réalité de terrain est plus nuancée. Mais il s’agit d’un puissant révélateur, qui traduit les inquiétudes face à « une organisation et une coordination des soins défaillantes », corrélées à un manque d’information. Et qui suppose, voire impose, de ne plus penser qu’en fonction de l’offre, mais en fonction de besoins en perpétuelle évolution.

L’Institut Montaigne esquisse plusieurs propositions en faveur d’une meilleure organisation et expérience pour les patients, et la première d’entre elles réside dans l’investissement massif dans le capital humain, avec un objectif : « accueillir davantage de professionnels vers les métiers du soin et augmenter le personnel de santé pour accompagner la hausse des besoins ». Enseignement de l’e-santé, passerelles entre les métiers et évolutions de carrière attractives, formations autour du management et du travail en équipe, valorisation de l’expérience patient… : les voies d’amélioration sont nombreuses, et il y a urgence au regard des pénuries de professionnels et du déficit d’attractivité des métiers du soin.

Dans une interview ce matin, le ministre de la Santé mentionne le fait que chez les étudiants infirmiers en formation, plus d’un millier ont démissionné avant la fin de leurs études. Il convient de décrypter, au-delà des questions salariales, les ressorts de ce phénomène. Également, dans un pays où seulement 15% des infirmiers et 10% des aides-soignants sont des hommes, il faut dire dès aujourd’hui aux jeunes garçons que ces métiers sont aussi faits pour eux, et travailler sur les représentations : on ne bâtira pas la société du soin de demain en se privant de la moitié de l’humanité.

Montaigne explore deux autres pistes majeures, qui sont au cœur des convictions de l’hospitalisation privée. La première, « toute réforme de l’organisation des soins doit être pilotée à travers le prisme de la qualité et de la pertinence des soins ». Ces démarches doivent être construites avec les parties prenantes, professionnels et patients. La seconde, liée à la précédente, consiste à « garantir la sécurité, l’accès et la portabilité des données de santé », pour créer un écosystème fondé sur la confiance. Cet enjeu des données est capital pour l’avenir du système de santé. Il ne pourra se déployer en l’absence d’un cadre éthique et lisible par tous, professionnels comme patients, de son déploiement, de sa gouvernance et de son usage.

Données de santé, qualité et pertinence, attractivité des métiers : trois sujets fondamentaux, priorisés à l’aune des besoins des patients, et sans lesquels il ne saurait y avoir de « programme santé » crédible et ambitieux pour la campagne présidentielle à venir.