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Non, on n’en fait pas trop contre le Covid !

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Gabarit edito site 17.11.2021
Tout concoure aujourd’hui à démontrer que la France n’échappe pas au démarrage d’une nouvelle vague pandémique, qui affecte toute l’Europe. L’effet est toutefois, pour l’heure, plus atténué que dans d’autres pays contraints de prendre des mesures drastiques. Une bonne couverture vaccinale, la mise en place du passe sanitaire et le respect des gestes barrières participent de cette meilleure maîtrise de la situation. Néanmoins, il y a urgence à ne rien relâcher, car trop de personnes fragiles ne sont pas encore vaccinées, et la dose de rappel est un enjeu important, éventuellement couplée au vaccin antigrippal.

C’est dans ce contexte sensible que certains ont cru bon d’instrumentaliser, dans les médias et sur les réseaux sociaux, une donnée chiffrée émanant de l’ATIH (Agence technique de l'information sur l'hospitalisation) : un récent rapport indique en effet que les patients Covid ont représenté 2 % des patients admis dans les établissements hospitaliers en 2020. Conclusion d’une interprétation hâtive et simpliste : les services hospitaliers n’ont finalement pas été soumis à si forte tension pendant la pandémie, et « on » en a trop fait sur le sujet. L’instrumentalisation politique finale est prévisible, autour d’une remise en cause générale de l’action menée contre le Covid, tant par les acteurs de santé que par la puissance publique.

Cette interprétation ne tient évidemment pas face aux faits : la réalité est que le taux de 2% d’hospitalisation Covid est une moyenne lissée sur un an et sur l’ensemble de la France, qui ne traduit pas la situation alarmante qui fut celle de nombreux territoires au plus fort de la pandémie. Si on prend l’exemple des hôpitaux et cliniques privés, ils ont dû prendre en charge 25 à 30% des patients Covid dans certains territoires, en complémentarité avec un hôpital public au bord de la saturation. Rien que dans notre secteur, plus de 100 services de réanimation temporaires ont été créés pour faire face à la crise sanitaire.

De même, ce pourcentage ne prend pas en compte la durée de séjour en réanimation des patients Covid, durée particulièrement longue - 15 jours en moyenne au vu de la lourdeur de la maladie, alors même que les soins critiques comme la réanimation mobilisent, comme chacun le sait, des moyens importants.

La période pré-électorale ne permet pas tout. Elle ne permet pas de remettre en question l’engagement des soignants. Elle ne permet pas de regarder le Covid comme un épiphénomène, au regard de son bilan humain mais aussi de la nécessité de tirer tous les enseignements de cette crise pour l’avenir de notre système de santé. Mais surtout, elle ne permet pas de faire courir des risques aux populations en attisant le doute : la reprise pandémique est là, nous devons être toutes et tous vigilants, en nous mobilisant également contre les retards de soins engendrés par la crise. Tel est le message que je tenais à délivrer aujourd’hui.