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Ségur de la santé : le devoir de réussir

L’hospitalisation privée expose ses grandes orientations au service de la santé des Français


Communiqué de presse du 26 mai 2020



Le président de la FHP, Lamine Gharbi, a participé lundi 25 mai au lancement du Ségur de la Santé par le Premier Ministre et le ministre de la santé. La FHP est membre du « Comité national Ségur » qui débattra des grands axes de la concertation.

La Fédération de l’Hospitalisation Privée accueille favorablement l’ouverture de cette grande concertation et en approuve le principe directeur, à savoir l’association de tous les acteurs de la santé, indépendamment des considérations de statut. Elle salue la nomination de Nicole Notat qui saura animer les prochaines concertations avec l’écoute et l’esprit d’ouverture qui la caractérise.

« Cette démarche engagée par le Gouvernement pour répondre aux attentes des professionnels et accélérer la transformation de notre système de santé est indispensable. Mais attention, le Ségur de la Santé ne doit pas se transformer en Ségur de l’hôpital public ! Nous devons tirer toutes les leçons de la crise sanitaire et des coopérations qui ont permis d’y faire face. Il faudra respecter l’équité de traitement entre le public et le privé dans le financement des revalorisations des personnels soignants. Un exemple : La prime pour les soignants de l’hôpital public. Il était acté que nos professionnels mobilisés dans la crise du covid-19 seraient gratifiés de la même façon. À ce jour, ce n’est toujours pas le cas et ce n’est pas acceptable. Il faudra également tenir compte du fait que nos collaborateurs perçoivent, en moyenne, des rémunérations inférieures à leurs collègues du public. » prévient Lamine Gharbi président de la FHP.

« L’instant est solennel car les Français, très marqués par les événements de ces dernières semaines, réclament une refondation ambitieuse et une juste reconnaissance de tous les acteurs de santé. Nous avons, ensemble, le devoir de la réussir. L’hospitalisation privée s’y engage dans un état d’esprit constructif et déterminé. » affirme Lamine Gharbi, président de la FHP.

Dans ce cadre, la FHP promeut plusieurs grandes orientations pour l’avenir, afin de saisir cette opportunité historique de renouveau.


Ségur de la Santé : un enjeu historique, le devoir collectif de réussir

Les propositions de la FHP

La crise a éprouvé nos organisations sanitaires, qu’elles soient hospitalières ou de ville. L’engagement et la compétence de tous les professionnels de santé, publics et privés, unanimement salués par les Français ont permis de répondre aux enjeux de l’urgence, pourtant imprévisible par sa soudaineté. En particulier, il convient de saluer l’engagement total des établissements de santé privés, qu’il s’agisse des établissements MCO, SSR ou de psychiatrie, face à la crise. Néanmoins, la lutte contre la pandémie a mis en exergue une réalité majeure : notre réussite collective n’a été possible qu’en s’affranchissant des cadres technocratiques et contraints.

L’ancien modèle, fondé sur une gestion trop administrée et une maitrise essentiellement comptable de la santé, a été avantageusement remplacé par la coopération territoriale des acteurs et des décisions fondées sur les pratiques médicales. La crise appelle ainsi la construction d’un nouveau modèle, plus agile, plus collaboratif, tirant les enseignements de cette période exceptionnelle.

Mettre désormais la santé au cœur de la politique sociale et économique du pays serait la meilleure reconnaissance de l’engagement des professionnels.

L’hospitalisation privée, qui représente 9 millions de séjours, soit un tiers de l’activité hospitalière, attend de ce Ségur qu’il soit un grand rendez-vous, à la hauteur des attentes exprimées :

- Il doit être le Ségur de tous les acteurs de santé qu’ils soient publics, privés ou libéraux. Cette exigence implique une refondation inclusive qui n’enferme pas le système de santé dans les seules problématiques de l’hôpital public mais associe l’ensemble des parties prenantes. C’est du reste ce que veulent les Français !

- Il doit être le Ségur qui tire toutes les leçons de cette période exceptionnelle, si marquante par sa dureté, s’appuyant sur les compétences et les talents qui s’y sont révélés. La crise sanitaire a montré l’efficacité de la collaboration entre les acteurs de santé comme les hôpitaux publics et les cliniques privées qui ont su se mobiliser au service des patients, en s’adaptant avec souplesse, agilité et complémentarité.

- Il doit, enfin, être le Ségur de tous les acteurs de santé qui considèrent qu’ils ont un rôle majeur à jouer dans la refondation du pays largement éprouvé, sur le plan sanitaire bien sûr, mais aussi économique et social.

Pour la FHP, le Ségur de la Santé doit relever quatre défis majeurs pour l’avenir de notre pays. Elle contribuera pleinement à atteindre ces objectifs :


Le défi de la santé, créatrice d’emploi

10% des emplois en établissements de santé sont vacants. Alors que notre pays est confronté à des défis sociaux et économiques considérables, le secteur de la santé détient une partie de la solution ! Pour cela, le Gouvernement doit proposer un choc d’attractivité pour tous les métiers du soin, dans les hôpitaux publics et privés, et en ville.

- Créer un big bang de la formation pour créer les conditions d’un vaste plan de recrutements. Le nombre d’étudiants engagés dans les carrières sanitaires est insuffisant. Nous appelons à la mise en place d’un véritable plan Marshall de la formation afin d’augmenter le nombre d’infirmiers et d’aides-soignants et de favoriser l’apprentissage pour les métiers de santé.

- Inscrire les soignants dans des plans de carrière valorisants et attractifs. Cela implique une puissante ambition politique, qui passe par des moyens dédiés et une évolution législative pour flécher la contribution à la formation des entreprises de santé vers les besoins en compétences des professionnels.

- Elargir les missions des professionnels et fluidifier leurs parcours grâce à la mise en place de passerelles entre secteurs, statuts et métiers. Une évolution des dispositifs légaux de formation est indispensable pour financer ces parcours certifiants, valoriser les formations complémentaires et les nouvelles missions des professionnels par des moyens dédiés. Les référentiels de formation doivent être simplifiés.

- Revaloriser financièrement les professionnels de santé est bien sûr indispensable. Les établissements de santé ont besoin de retrouver des marges de manœuvre afin de mener des politiques sociales ambitieuses : nous proposons ainsi de supprimer la taxe sur les salaires pour financer ces revalorisations salariales et les évolutions de carrières.

Nous serons force de proposition dans le cadre du groupe de travail auquel nous seront associés, dédié aux rémunérations et carrières des professionnels dans le secteur privé.

- Poser les bases d’une véritable société du « care » qui donne envie aux jeunes générations d’épouser les métiers du soin et de relever les défis, y compris épidémiologiques, des années à venir.


Le défi de la santé, secteur stratégique et fierté pour la Nation

La crise du covid l’a démontré : la santé est un secteur stratégique et un pilier de développement économique et social. Elle est créatrice de richesses et source d’emplois non délocalisables qui contribuent au développement des territoires. L’investissement dans la santé doit être à la hauteur de sa valeur ajoutée pour la Nation.

- Porter un esprit de reconquête de certains pans de la souveraineté nationale et européenne, à l’aune des enseignements de la crise sanitaire. La FHP est attachée à l’émergence d’une dynamique européenne favorisant une plus grande autonomie dans les dispositifs de protection destinés aux professionnels de santé.

- Poursuivre la politique initiée sous ce quinquennat de revalorisation des budgets de la santé. Après près de 10 ans de baisse des financements, les annonces d’augmentation de l’ONDAM, pour permettre d’assurer des moyens à juste hauteur des besoins, de revaloriser la politique salariale et d’augmenter les investissements, sont saluées par la FHP. En particulier, l’orientation des investissements pour accélérer les coopérations entre le public et le privé permettra d’innover et d’accélérer la transformation de l’offre.

- Affirmer plus que jamais la santé comme un bien commun au service du public ainsi que comme un facteur de cohésion sociale, à défendre et à promouvoir, en mobilisant tous les acteurs et en faisant primer la mission sur les statuts.


Le défi de la santé, orientée vers les priorités de santé publique

L’organisation toute entière du système de santé doit mieux répondre aux besoins de santé publique. Nous devons renoncer à une gestion comptable des dépenses de santé, remédicaliser l’organisation et les financements en allégeant la gestion administrée aujourd’hui prioritairement tournée vers l’objectif de réduction des dépenses de santé.

- Installer un vrai pilotage par la donnée, qui fait largement défaut aujourd’hui. Pour travailler ensemble et bâtir la santé de demain, les acteurs de santé ont besoin de disposer d’une ressource commune de données fiables, homogènes, transparentes. C’est la condition pour que chacun parle le même langage, et ainsi permettre la déclinaison prospective des réformes et des politiques de santé publique.

- Un pilotage des réformes différent : La transformation du système de santé doit se faire avec les acteurs de santé, en respectant des temps d’évaluation et d’appropriation suffisants compte-tenu de leur mobilisation extraordinaire au cours des derniers mois. Ces réformes structurelles (autorisations, financements …) doivent s’appuyer sur des études d’impact robustes et tirer pleinement les leçons d’une crise sanitaire inédite.

- Simplifier la gouvernance : la complexité technocratique et le contrôle normatif à outrance sont dénoncés depuis longtemps. La crise a montré que ces freins pouvaient être contournés dans les situations d’urgence grâce à des relations équilibrées et matures fondées sur une logique de « contrat » entre les acteurs et le régulateur. Ce choc de simplification doit être poursuivi.

- Promouvoir un pilotage financier davantage médicalisé. L’ONDAM est un outil comptable. Il est temps de fonder les financements sur des objectifs pluriannuels répondant à des priorités de santé publique fédératrices pour les acteurs de santé en phase avec les attentes des patients.

- Renforcer le rôle des ARS et l’implication des élus au sein des territoires pour la déclinaison de la politique nationale de santé. Les missions des ARS doivent être repensées à l’aune de l’efficacité qu’elles ont démontrée pendant la crise, dès lors qu’elles exercent une régulation impartiale et pragmatique. Il convient donc de les affranchir d’une position intenable, à la fois gestionnaires de l’hôpital public et régulateurs de l’offre de soins. Ce double rôle ne satisfait personne, alors qu’elles doivent rapprocher les acteurs, les faire coopérer sans distinction de statut, et les mobiliser autour des missions de service au public à accomplir.


Le défi de la santé, coordonnée, préventive, pertinente et innovante

Notre système de santé doit évoluer dans son organisation pour renforcer la prévention, faciliter les coordinations, se concentrer sur les enjeux du soin et s’appuyer sur le numérique.

- Engager une politique de prévention ambitieuse : Il est temps de mettre en place une organisation systémique de la prévention au service de l’amélioration continue de la santé des Français et source d’efficience des comptes sociaux. Lors de l’épidémie, nous avons pu constater combien les Français, responsables, étaient impliqués dans les gestes de prévention : auto-surveillance, utilisation de la télémédecine, gestes barrières, respect des consignes du confinement…. Cet esprit de responsabilité autorise à fixer un nouveau cap, celui de la prévention. Faisons confiance aux Français. Nous pouvons décliner cette priorité sur de nombreuses pathologies chroniques.

- Favoriser sur chaque territoire la coordination des acteurs et leur faire confiance : coopération public / privé, liens ville/hôpital, liens sanitaire/médicosocial, vitalité de la démocratie sanitaire. La crise l’a montré : c’est cette coopération qui a permis de faire face, même dans les moments les plus difficiles.

- Capitaliser sur les progrès de la télémédecine et l’accélération des usages numériques au cours de la crise du Covid. La dématérialisation des prises en charge peut-être un atout pour l’accès aux soins, en complémentarité avec le contact physique et un vrai parcours de soins. Les outils numériques nécessaires au développement des prises en charge dématérialisées, des logiques de parcours et de l’accessibilité aux soins des patients, doivent être déployés.



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A propos de la FHP

La FHP regroupe 1.000 cliniques et hôpitaux privés qui assurent chaque année la prise en charge de 8,5 millions de patients. Environ 150.000 salariés (personnels de soins, administratifs et techniciens) travaillent dans les établissements de santé privés et 40.000 médecins y exercent. Les cliniques et hôpitaux privés prennent en charge :

• 57 % des interventions chirurgicales
• près de 68 % de la chirurgie ambulatoire
• 2,6 millions de passages dans 126 services d’urgences
• Un accouchement sur quatre
• Près d’un tiers (32,5) des soins de suite et de réadaptation
• Plus de 17 % des hospitalisations psychiatriques
• 20 % de l'activité d'Hospitalisation à domicile (HAD)

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Contact presse

Benjamin Azogui, Direction de la communication FHP
01 53 83 56 56 - benjamin.azogui@fhp.fr