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COVID-19 Etablissements privés et praticiens libéraux : "Faites appel à nous !"

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CP DImanche 22 mars
Paris le 22 mars 2020 – Face à la « guerre » pandémique qui touche notre pays, les praticiens libéraux et les établissements de santé privés sont montés au front mais ils restent trop peu sollicités. 4000 places en réanimation et soins critiques ont été libérées dans les cliniques dès la semaine dernière. Nous pouvons augmenter ces capacités grâce au dévouement de nos médecins et soignants. 100 000 opérations non urgentes ont été déprogrammées pour permettre d’accueillir des patients atteints de covid-19, soit plus de 10 000 lits sur le territoire.

Une coopération sans faille doit être mise en place pour enrôler toutes les forces sanitaires présentes, publiques ou privées, dans la gestion de cette crise sanitaire. C’est pourquoi la Fédération de l’Hospitalisation Privée demande à ce que les cliniques soient directement mobilisées par le ministre de la Santé et les directeurs généraux d’ARS.

Des cliniques et soignants insuffisamment mobilisés


De nombreux hôpitaux et cliniques privés sont directement impliqués dans la gestion du covid-19 aux côtés des hôpitaux publics et de la médecine de ville. Pourtant, dans plusieurs régions y compris parmi les plus touchées, des lits de réanimation et de soins critiques libérés dans les cliniques restent vides ou sous-occupées. Les médecins et anesthésistes libéraux des établissements privés sont peu sollicités alors que les capacités hospitalières publiques sont ici ou là en passe d’être dépassées. En Grand Est, 70 places de réanimation ont été libérées dans des cliniques. Samedi, elles n’avaient pas toutes été sollicitées par l’ARS ou les hôpitaux publics pourtant saturés.

Les 460 établissements ou services de soins de suite privés ont arrêté depuis la semaine dernière toute leur activité d’hospitalisation de jour. Ils ont ainsi libéré près de 5000 places d’hospitalisation sur tout le territoire pour faciliter la prise en charge en hospitalisation à temps complet des patients atteints de covid-19 et pour améliorer la fluidité des filières de soins, notamment des établissements de court séjour (MCO). Par ailleurs, de nombreuses admissions « non urgentes » en HC ont été déprogrammées. Là encore, les consignes nationales tardent à être diffusées pour mettre à profit leurs capacités hospitalières et compétences médicales et organisationnelles qui restent inutilisées. Quoiqu’il en soit les établissements et services de SSR privés ne pourront pas faire sans leurs personnels qui doivent être protégés, notamment de masques FFP2, lorsqu’ils prennent en charge des patients atteints de COVID 19.

Les établissements de psychiatrie privés sont présents aussi pour apporter un soutien psychologique aux soignants. Les femmes et les hommes engagés dans le combat contre ce virus vont être mis à rude épreuve dans les semaines qui viennent, et parfois, hélas, confrontés à l'indicible. Les établissements de psychiatrie sont à leurs côtés, pour les accompagner et les soutenir.

« Faîtes appel à nous ! » lance Lamine Gharbi, le président de la FHP. « Privé comme public, nous sommes au service du pays. Nos établissements sont prêts à prendre en charge des patients avec des lits de réanimation disponibles, y compris dans les territoires les plus touchés. Nous demandons à être davantage sollicités pour épauler l’hôpital public » explique Lamine Gharbi.


Donner la priorité à la protection des soignants

La FHP dénonce également la lenteur de l’approvisionnement en masques et s’alarme de la quantité insuffisante de matériels de protection pour les professionnels. « Cela fait des semaines que nous réclamons des masques. Non seulement les stocks sont insuffisants mais en plus l’approvisionnement est beaucoup trop lent. » s’insurge Lamine Gharbi. En effet, l’Etat s’appuie sur les Groupements hospitaliers de territoire (hôpitaux publics) pour organiser dans chaque territoire la distribution des masques vers tous les établissements de santé. « Ce mode de distribution est inadapté et inefficace. Les hôpitaux publics ont d’autres priorités que d’organiser le dispatchage du matériel de protection vers les autres établissements de santé. D’autant que les quantités distribuées ne permettent de tenir que quelques jours et que chacun veille à préserver ses besoins légitimes en priorité. »

Les quantités de masques annoncées par le ministre de la Santé apparaissent à tous insuffisantes. Avec 3 millions de soignants sur le territoire et un usage recommandé de 5 masques par 24H, les soignants et leurs patients auront besoin de 12 à 15 millions de masques par jour au niveau national. Cela sans compter les besoins des forces de sécurité, des commerçants de proximité et de nos concitoyens…. Nous sommes donc très loin du compte. « Plutôt que de gérer la pénurie, l’Etat doit lever tous les freins à l’approvisionnement de masques et de matériels de protection pour nos soignants. » demande Lamine Gharbi.

Les capacités nationales de dépistage du covid-19 doivent également être renforcées avec un accès prioritaire pour les soignants. « Les capacités actuelles des laboratoires sont insuffisantes. Il faut mettre en place le dépistage systématique de tous les soignant. Les soignants et tous ceux qui sont en « première ligne » face à cette épidémie doivent être soutenus, équipés et sécurisés. » affirme Lamine Gharbi